L’Union Démocratique Tchadienne (UDT) est montée au créneau pour soutenir le retrait du Tchad du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué de presse publié ce vendredi 31 juillet 2026 à N’Djamena, le parti dirigé par le sénateur Abderaman Koulamallah estime que cette décision relève d’un droit souverain reconnu à chaque État partie et ne constitue en aucun cas un abandon du combat contre l’impunité.
Pour l’UDT, le retrait du traité s’inscrit dans le strict respect des dispositions de l’article 127 du Statut de Rome, qui autorise tout État signataire à mettre fin à son adhésion par une simple notification. Le parti rejette ainsi les critiques dénonçant une décision prise de manière unilatérale, affirmant qu’aucune disposition du traité n’impose l’organisation d’un débat national ou l’obtention d’un consensus politique préalable avant l’exercice de cette prérogative.
L’UDT souligne par ailleurs ce qu’elle considère comme une contradiction chez les détracteurs de cette décision. Selon le parti, aucune revendication comparable n’avait été formulée lors de la ratification du Statut de Rome ni au cours des nombreuses controverses ayant marqué le fonctionnement de la Cour pénale internationale.
Au-delà de l’aspect juridique, le communiqué met l’accent sur le bilan de la CPI, que le parti juge révélateur d’un déséquilibre persistant. L’UDT rappelle que, depuis sa création il y a vingt-quatre ans, la majorité des enquêtes et des poursuites engagées par la Cour concernent des situations africaines, alors que le continent ne représente qu’une partie des États ayant adhéré au Statut de Rome.
Le parti estime que cette concentration de l’activité judiciaire de la CPI sur l’Afrique nourrit depuis de nombreuses années un sentiment d’iniquité largement exprimé au sein de l’Union africaine. Selon lui, les appels répétés de l’organisation continentale en faveur d’une réforme profonde de la juridiction internationale sont restés sans réponse, renforçant les interrogations sur l’universalité et l’impartialité de la justice pénale internationale.
Dans son argumentaire, l’UDT précise toutefois que son soutien au retrait ne traduit ni une remise en cause de la nécessité de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves ni un rejet du principe de la justice internationale. Le parti considère plutôt que la crédibilité d’une institution judiciaire repose sur une application équitable de ses principes, sans distinction entre les États ou les régions du monde.
Estimant que les réformes attendues n’ont pas été engagées, l’Union Démocratique Tchadienne voit dans la décision du gouvernement tchadien un acte de réaffirmation de la souveraineté nationale. Elle soutient que le pays entend désormais privilégier le renforcement de ses juridictions nationales ainsi que des mécanismes judiciaires africains afin de poursuivre la lutte contre l’impunité dans un cadre qu’elle juge davantage conforme aux réalités du continent.
À travers cette prise de position, l’UDT rejoint les voix qui soutiennent le retrait du Tchad du Statut de Rome, un choix qui continue d’alimenter un vif débat sur les rapports entre souveraineté des États, justice internationale et réforme de la gouvernance judiciaire mondiale.
MBAÏLEDE Trésor
