Santé de la reproduction : Les Sage-femmes humanitaires sauvent des vies dans les camps des réfugiés à l’Est du Tchad
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Santé de la reproduction : Les Sage-femmes humanitaires sauvent des vies dans les camps des réfugiés à l’Est du Tchad

Une année après le déclenchement de la crise au Soudan, on dénombre 585 201 réfugiés et retournés au Tchad, installés dans les provinces de l’Est, le Ouaddaï, le Sila et le Wadi Fira, selon le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (mise à jour du 28 avril 2024). Ce flux migratoire a entraîné une augmentation des besoins sociaux notamment en santé sexuelle et reproductive. Ainsi, l’UNFPA, déploie un dispositif pour l’accès aux services de la santé de la reproduction à travers des sage-femmes humanitaires.

La persistance des affrontements au Soudan et l’arrivée constante de nouveaux réfugiés et de retournés au Tchad pourrait accentuer le nombre des réfugiés et des retournés à 910 000 au Tchad d’ici la fin de 2024, selon le gouvernement tchadien. 

Les réfugiés et retournés, en majorité des femmes et des enfants, sont répartis dans dix districts sanitaires, déjà débordés. Selon des sources sanitaires, ce flux de réfugiés a entraîné une augmentation des besoins sociaux notamment en santé sexuelle et reproductive.

21 femmes déployées par l’UNFPA pour appuyer les districts sanitaires

En réponse aux besoins et pour contribuer minimiser les besoins en santé de la reproduction, l’UNFPA soutient les structures de santé en personnels et équipements. Au total, 21 sages-femmes humanitaires sont déployées pour contribuer à la réponse à la crise dans cette zone.  

A la suite de l’intervention de ces sage-femmes humanitaires, dans le camp les réfugiés de Djabal, près de Goz-Beida (Sila), des femmes qui ont accouchées expriment leur satisfaction de l’accompagnement prénatal et de l’impact du travail d’assistance que font les sages-femmes humanitaires. « Mes accouchements précédents, je ne faisais pas les consultations prénatales et c’était difficile. Cette fois-ci, grâce au suivi et conseils de la sage-femme humanitaire c’était facile »,témoigne  Fatouma Djouma Adam qui a fait son suivi prénatal au centre de santé et y a accouché.

L’intervention humanitaire, une satisfaction des sage-femmes

La sage-femme humanitaire, Mariam Tchere, qui vient de finir sa garde de nuit a assuré sept (7) accouchements au Centre de santé. Malgré la fatigue qui se lit sur son visage, elle est heureuse de l’importance de l’intervention humanitaire qui sauve des vies. « Je suis très contente quand les femmes accouchent normalement sans aucune complication. », a-t-elle déclaré avec le sourire aux lèvres.  

Pour Djiraïgué Pierre, superviseur au Centre de santé du camp des réfugiés de Djabal, près de Goz-Beida, l’appui de l’UNFPA aux centres de santé est bénéfique. « Les appuis de l’UNFPA sont énormes à notre centre de santé, nous avons trois sages-femmes recrutées et mises à notre disposition. Avec ce nouvel afflux des réfugiés, nous recevons par jour plus de cent (100) patients pour les différents services. Nous étions vraiment débordés mais la présence de ces trois sages-femmes est un ouf de soulagement. En plus de ces sages-femmes, nous recevons des intrants ainsi que des produits de contraception. », affirme-t-il.

 En effet, l’aide de l’UNFPA en personnel et intrants a été salutaire. Elle a permis l’amélioration de la qualité des services fournis en faveur des populations.

Un peu plus loin de Djabal, à environ 45 km de la ville de Goz-Beida , un autre camp est installé à Zabout. Ce camp accueille près de 60 000 réfugiés, selon l’assistant protection de la Commission Nationale d’Accueil et de Réinsertion des Réfugiés (CNARR). Une structure sanitaire est mise en place par Alerte Santé. Sur ce site, UNFPA a positionné également une sage-femme pour répondre aux besoins de la santé de reproduction et de la planification familiale.

Hinda Abdramane Arbab qui a bénéficié de ce service témoigne : « J’ai quitté ma ville, Djinené au Soudan lorsque le conflit a éclaté pour me retrouver ici au camp de Zabout du côté du Tchad. J’avais perdu tout espoir de vie à force de dures difficultés et de la profondeur des souffrances alors que j’étais enceinte. Je rends grâce à Dieu et à la sage-femme humanitaire dont la prise en charge a sauvé ma vie et celle de l’enfant que je porte. Cela m’a vraiment redonné du sourire ».

Des interventions intégrées en faveur des réfugiés mais aussi de la population hôte 

Du côté des populations hôtes, on note également une satisfaction totale des services fournis par les sages-femmes humanitaires. « Je voudrais tout d’abord remercier la sage-femme humanitaire Anne-Marie qui m’a suivi pendant ma grossesse. C’est elle aussi qui m’a assisté au moment de l’accouchement qui s’est d’ailleurs bien passé. Elle m’a gratuitement prise en charge et m’a remis également un kit de dignité. », affirmeZenaba Denise, une habitante de Goz-Beida.

Depuis le début du conflit au Soudan, l’équipe de l’UNFPA qui soutenait déjà les populations locales a été active dans les camps des réfugiés aux côtés de partenaires locaux et internationaux, informe-t-on.

L’UNFPA a axé essentiellement son travail sur la santé sexuelle et reproductive. Alors que la crise persiste et que le nombre de réfugiés continue d’augmenter, il est urgent que l’ensemble des acteurs (gouvernement et partenaires humanitaires) renforcent la synergie d’actions pour une prise en charge holistique des réfugiés mais aussi des populations hôtes qui sont également affectées.

DN

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