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Santé publique : la France appuie le Tchad dans le renforcement de la veille contre les arboviroses

Face à la recrudescence des maladies virales transmises par les moustiques et aux défis persistants de leur détection, le Tchad franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son système de santé publique. Avec l’appui de la France, un ambitieux projet de surveillance épidémiologique des arboviroses est officiellement lancé ce mardi au Centre Hospitalo-Universitaire Le Bon Samaritain (CHU-BS) de N’Djaména.

Cette initiative, financée à hauteur de 90 000 euros par le Fonds Équipe France (FEF) de l’Ambassade de France au Tchad pour une durée d’un an, s’inscrit dans une approche innovante baptisée « Une seule santé » (One Health). Cette stratégie considère que la santé humaine est étroitement liée à celle des animaux et à l’environnement, trois dimensions désormais indissociables dans la lutte contre les maladies émergentes.

La dengue, le chikungunya, le virus Zika ou encore la fièvre jaune figurent parmi les arboviroses qui préoccupent de plus en plus les autorités sanitaires tchadiennes. Les épisodes récents enregistrés dans le pays ont révélé les insuffisances des dispositifs actuels de diagnostic et de surveillance, compliquant l’identification rapide des foyers de contamination et la mise en œuvre de réponses adaptées.

En l’absence de données épidémiologiques suffisamment fiables, les décideurs sanitaires disposent de peu d’outils pour anticiper les flambées ou orienter efficacement les politiques de prévention. C’est précisément cette faiblesse que le nouveau programme ambitionne de corriger.

Le projet prévoit le renforcement des capacités techniques du Laboratoire des Grandes Épidémies Tropicales, qui sera doté d’équipements permettant le diagnostic moléculaire des principaux arbovirus circulant au Tchad.

Au-delà des infrastructures, l’accent sera également mis sur le développement des compétences. Biologistes, techniciens de laboratoire et personnels de santé bénéficieront de formations spécialisées destinées à harmoniser les méthodes de prélèvement, d’analyse et de diagnostic.

Une vaste étude multicentrique sera parallèlement conduite dans plusieurs provinces afin d’évaluer la circulation réelle des arbovirus chez les patients présentant des syndromes fébriles non liés au paludisme. Les résultats attendus devraient constituer une base scientifique essentielle pour améliorer durablement la surveillance des maladies infectieuses au Tchad.

Le programme rassemble des chercheurs tchadiens, français et plusieurs partenaires internationaux autour d’un objectif commun : renforcer les capacités nationales tout en développant une expertise scientifique locale capable de répondre aux futures crises sanitaires.

À l’issue des travaux, un symposium national réunira experts, chercheurs et responsables de la santé publique afin de présenter les résultats des recherches et formuler des recommandations destinées à consolider le dispositif national de surveillance épidémiologique.

Le lancement officiel du projet sera suivi d’une conférence animée par le Pr Mennechet, qui abordera un sujet au cœur des recherches biomédicales actuelles : le microbiote humain.

Sous le thème « 10 000 milliards de bactéries vivent en vous. Elles influencent vos maladies, vos vaccins, votre humeur et peut-être votre avenir », cette intervention mettra en lumière le rôle déterminant des micro-organismes dans le fonctionnement de l’organisme et leur influence sur la prévention et le traitement de nombreuses pathologies.

À travers ce partenariat, la France réaffirme son engagement en faveur du renforcement des systèmes de santé et de la recherche scientifique au Tchad. Pour les deux partenaires, investir dans la surveillance épidémiologique, la formation des professionnels de santé et la production de données fiables constitue l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les crises sanitaires avant qu’elles ne prennent de l’ampleur.

Ce projet s’aligne également sur les priorités du Plan national de développement sanitaire du Tchad, qui place l’amélioration de la veille épidémiologique parmi les leviers essentiels pour protéger durablement les populations face aux maladies émergentes et réémergentes.

MBAÏLEDE Trésor

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