La ville de Moundou a donné, ce 1er mars 2026, le coup d’envoi d’une Semaine nationale de la femme tchadienne pas comme les autres. Sous le haut patronage de Kitoko Gata Ngoulou, ministre d’État, l’ouverture officielle a rassemblé une foule de personnalités et d’autorités locales, dont le délégué général du gouvernement auprès de la province du Logone Occidental. Un décor solennel, mais une tonalité résolument offensive : la SENAFET 2026 se veut l’édition de la transformation sociale, de l’engagement citoyen et surtout de l’action concrète.
Le thème choisi, « Chaque femme compte », résonne comme un mot d’ordre national. En misant sur l’inclusion, la dignité et la participation comme piliers d’un développement durable, les autorités ambitionnent de replacer les femmes au centre de l’agenda économique et politique du pays. Une vision que la ministre d’État a défendue avec vigueur, rappelant que cette orientation est fortement soutenue par le président Mahamat Idriss Déby Itno, engagé depuis plusieurs années dans la promotion des droits des femmes.
Pour marquer cette édition, des innovations de taille viennent enrichir l’événement. Parmi elles, un Salon de l’emploi féminin présenté comme une passerelle directe entre les femmes et les opportunités professionnelles, mais aussi un concours dédié aux filières STEM destiné à encourager la présence féminine dans les sciences et les technologies, secteurs où les disparités restent fortes. À cela s’ajoute un concours dédié aux industries culturelles et créatives, conçu pour stimuler les compétences numériques, entrepreneuriales et artistiques des participantes. Ces initiatives, saluées par la ministre, témoignent d’une volonté claire : doter les femmes tchadiennes d’outils concrets pour conquérir de nouveaux espaces économiques.
Mais au-delà des avancées, le discours officiel n’a pas éludé les réalités qui freinent encore l’émancipation féminine. L’accès à l’éducation reste trop limité pour de nombreuses jeunes filles, les services de santé demeurent insuffisants, les opportunités d’emploi restent inégalement réparties et la participation politique féminine, bien que croissante, demeure fragile. Pour la ministre, lever ces obstacles est indispensable pour façonner un Tchad réellement inclusif et équitable.
Dans un appel solennel, elle a exhorté les responsables politiques, les acteurs économiques et les organisations de la société civile à faire de la SENAFET 2026 un véritable moteur de changement, capable de toucher aussi bien les grandes villes que les villages les plus éloignés. Elle a également rendu hommage aux femmes du Logone Occidental, célébrées pour leur résilience, leur force et leur rôle central dans la cohésion des communautés locales.
À Moundou, l’édition 2026 donne l’impression d’une SENAFET à la croisée des chemins. Elle porte une ambition claire, presque urgente : transformer les déclarations en actions, et les actions en progrès durable. Si l’élan affiché trouve un prolongement dans les politiques publiques et les initiatives communautaires, cette édition pourrait bien devenir un tournant décisif dans la lutte pour une société tchadienne plus juste, plus égalitaire et pleinement engagée aux côtés de toutes ses femmes.
La Rédaction
