Dans un contexte où la révolution numérique bouleverse profondément les pratiques médiatiques, la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a lancé, ce jeudi à la Maison de la Presse du Tchad, une session de formation consacrée à l’intelligence artificielle au bénéfice des femmes professionnelles des médias.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Semaine Nationale de la Femme Tchadienne (SENAFET) et de la Journée internationale de la femme (JIF) 2026. Elle ambitionne de préparer les journalistes aux mutations rapides du paysage médiatique, marqué par l’essor de l’IA générative et la prolifération de contenus manipulés.
Placée sous le thème « Femmes des médias à l’ère de l’IA générative : vérification, deepfakes et journalisme responsable », cette formation se veut un espace d’apprentissage et de réflexion autour des défis contemporains de l’information. Entre désinformation, manipulation d’images et propagation de faux contenus, les journalistes sont aujourd’hui confrontés à des enjeux inédits qui exigent de nouvelles compétences.
À l’ouverture des travaux, la présidente de la HAMA, Halimé Assadya Ali, a rappelé que cette initiative traduit l’engagement de l’institution à soutenir la montée en compétence des femmes dans le secteur des médias. Selon elle, il est essentiel que les professionnelles de l’information s’approprient les outils technologiques émergents afin de rester au cœur de la production d’une information fiable et crédible.
Elle a souligné que l’intelligence artificielle, bien utilisée, peut devenir un puissant allié dans le travail journalistique, notamment pour la collecte, l’analyse et la vérification des informations. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’en faire un usage éthique et responsable. « L’IA ne doit pas remplacer le journaliste, mais renforcer son expertise et valoriser son travail », a-t-elle affirmé.
La formation est animée par le cabinet Cabexia, dirigé par Djimtahadoum Memtingar. Spécialisé dans l’accompagnement numérique et l’innovation, le cabinet a déjà conduit plusieurs sessions de renforcement de capacités destinées à divers corps professionnels.
Selon son responsable, ces initiatives visent à favoriser l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques professionnelles tout en sensibilisant les acteurs à ses usages responsables. Journalistes, avocats ou encore membres de la société civile ont ainsi déjà bénéficié de ces formations, conçues pour mieux appréhender les transformations technologiques qui redessinent aujourd’hui les métiers.
Avec cette nouvelle session dédiée aux femmes journalistes, la HAMA entend contribuer à réduire la fracture numérique dans les médias et à promouvoir un journalisme plus outillé face aux défis de l’ère digitale. Une démarche qui place les femmes au cœur de l’innovation médiatique au Tchad.
La Rédaction



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