La scène audiovisuelle sénégalaise est en deuil. Halima Gadji, figure emblématique du petit écran, est décédée lundi soir en France, à l’âge de 37 ans, des suites d’un malaise selon plusieurs sources médiatiques. Une disparition brutale qui bouleverse un public fidèle et un monde culturel qui perd l’une de ses voix les plus singulières.
Née en 1989 à Dakar, entre Médina et Sacré-Cœur, Halima Gadji incarnait à elle seule la richesse du métissage et la détermination artistique. Fille d’une mère maroco-algérienne et d’un père sénégalais, elle se passionne très tôt pour le mannequinat et les arts, multipliant les castings dès l’âge de 15 ans. Une ambition précoce qui la conduira à imposer progressivement son nom dans l’audiovisuel sénégalais.
Après des débuts marqués par des rôles dans Tundu Wundu (2015) puis Sakho & Mangane (2018-2020), c’est en 2019 que sa carrière bascule. Son interprétation de Marième Dial, personnage central et controversé de la série phénomène Maîtresse d’un homme marié, produite par Marodi TV, la propulse au rang de star. Sa présence magnétique, sa force d’incarnation et son audace séduisent autant qu’elles dérangent, faisant d’elle l’un des visages majeurs des séries africaines contemporaines.
Son influence franchit rapidement les frontières du Sénégal. Sollicitée par des productions en Côte d’Ivoire et ailleurs sur le continent, Halima Gadji devient une référence, symbole d’un cinéma africain moderne et décomplexé. Actrice, mannequin, consultante mode et entrepreneuse, elle laisse derrière elle une trajectoire lumineuse, marquée aussi par une rare transparence sur ses combats personnels, notamment contre la dépression, qu’elle évoquait avec courage.
La nouvelle de sa mort laisse un vide immense. Le public, la profession et toute une génération de téléspectateurs saluent la mémoire d’une artiste talentueuse, libre et bouleversante d’humanité.
La Rédaction



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