Réuni en congrès à Diamniadio, le parti Pastef a affiché ce week-end une démonstration de cohésion autour de son leader historique. Ousmane Sonko a été reconduit à la présidence de la formation politique par un vote unanime, consolidant ainsi son emprise sur un mouvement qui se repositionne désormais clairement sur l’échiquier politique sénégalais.
Plébiscité par l’ensemble des délégués présents, Sonko entame un nouveau mandat de six ans à la tête du parti qu’il a fondé en 2014. Cette réélection intervient dans un contexte marqué par la rupture ouverte avec le président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié politique, et par le retour du Pastef dans une posture d’opposition.
Devant plus d’un millier de représentants venus des différentes régions du Sénégal ainsi que de la diaspora, le président du Pastef a présenté sa reconduction comme une responsabilité collective plutôt qu’une consécration personnelle. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre le projet de transformation politique engagé ces dernières années et de renforcer les ambitions souverainistes portées par son mouvement.
Au-delà de la reconduction de son chef, le congrès a surtout confirmé la ligne politique du parti. Les militants ont réaffirmé leur fidélité à la vision défendue par Sonko, désormais perçu comme le principal porte-étendard du Pastef en vue de l’élection présidentielle de 2029.
La question des responsables du parti ayant choisi de demeurer dans le gouvernement formé par le président Faye n’a toutefois pas été tranchée. Plusieurs cadres estiment que leur maintien dans l’exécutif constitue un choix personnel qui les éloigne de fait des orientations définies par la direction du mouvement.
L’absence remarquée de Bassirou Diomaye Faye et des membres du Pastef ayant intégré le gouvernement a renforcé l’impression d’un divorce politique désormais consommé entre les deux anciens compagnons de lutte. Dans les rangs du parti, nombreux sont ceux qui considèrent que les divergences stratégiques apparues ces derniers mois ont rendu toute réconciliation difficile à court terme.
Fort de sa majorité à l’Assemblée nationale, qu’il préside depuis son départ de la primature, Ousmane Sonko entend désormais poursuivre son combat politique depuis les institutions tout en préparant les prochaines échéances électorales. Son investiture populaire, organisée devant des milliers de sympathisants, a d’ailleurs servi de tribune pour afficher sa détermination à poursuivre ce qu’il qualifie de projet de transformation profonde de l’État sénégalais.
Avec cette réélection sans contestation et un appareil politique largement acquis à sa cause, Ousmane Sonko ressort du congrès de Diamniadio plus que jamais au centre du jeu politique sénégalais, tandis que le Pastef tourne une nouvelle page de son histoire en se préparant déjà à la bataille de 2029.
MBAÏLEDE Trésor
