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Société : Le fléau silencieux du viol sur mineures prend de l’ampleur

Le viol des mineurs reste l’un des crimes les plus monstrueux et pourtant l’un des plus répandus dans notre société. Longtemps enfoui sous un silence pesant, ce fléau semble aujourd’hui gagner en ampleur, laissant derrière lui des familles brisées et une communauté sidérée.

À N’Djamena, le quartier de Farcha a été secoué en l’espace d’une semaine par deux affaires d’une brutalité insoutenable : deux fillettes de 4 et 2 ans ont été victimes de viols. Dans le premier cas, l’agresseur présumé est un militaire. Dans le second, un homme de 45 ans, décrit comme un proche de la famille. Deux figures censées incarner la sécurité… devenues les bourreaux.

Ces révélations ont ravivé la colère et l’indignation d’une population déjà lassée par la répétition de ces drames. Car ce qui choque davantage, ce n’est pas seulement l’âge des victimes, mais aussi l’identité même des agresseurs : des adultes supposés protéger, guider, rassurer.

Face à ces horreurs, les questions affluent :
S’agit-il de pulsions criminelles incontrôlées ?
De croyances dévoyées ?
D’influences occultes ?
Ou du symptôme d’une dégradation morale profonde au sein de notre société ?

Si les causes restent multiples et complexes, une évidence s’impose : le danger devient quotidien, intime, presque domestique. Chaque famille vit désormais avec la peur qu’un enfant ne rentre pas intact de la maison voisine, du domicile d’un proche ou même d’un lieu considéré comme sûr.

La vigilance parentale est aujourd’hui une obligation vitale :

  • Ne jamais laisser un enfant seul à la maison,
  • Ne pas confier les petits à des personnes peu fiables,
  • Surveiller leurs déplacements et leurs fréquentations.

Mais la responsabilité ne peut reposer uniquement sur les familles. C’est toute la société qui doit se mobiliser. Le ministère de la Femme et de la Petite Enfance, la Justice, les services sociaux, les forces de l’ordre et les leaders communautaires doivent unir leurs forces pour instaurer un véritable rempart protecteur autour des enfants.

La lutte commence par la parole. Par le refus du silence. Par le soutien aux victimes, trop souvent muselées par la peur ou la honte. Elles doivent être écoutées, protégées, accompagnées.

Parce qu’un enfant violé, c’est une enfance volée.
Parce qu’un enfant traumatisé, c’est une société meurtrie.
Parce que protéger les enfants, c’est préserver l’avenir de toute une nation.

Habsita Béchir Djébir, stagiaire

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