L’Union européenne a annoncé jeudi des sanctions contre Abdelrahim Hamdan Dagalo, numéro deux des Forces de soutien rapide (FSR), accusé d’un rôle majeur dans les violences qui déchirent le Soudan depuis plus d’un an et demi. Bruxelles entend ainsi envoyer un « signal politique fort », selon la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Le dispositif prévoit une interdiction de séjour dans l’UE et le gel des avoirs de ce haut responsable paramilitaire, frère du chef des FSR. L’approche ciblée doit, selon un diplomate européen, permettre de maintenir des canaux de discussion avec les différentes parties du conflit, tout en dénonçant les responsables d’exactions.
Depuis avril 2023, les combats entre les FSR et l’armée soudanaise ont plongé le pays dans le chaos : des dizaines de milliers de morts et près de 12 millions de déplacés. La situation a encore empiré après la prise d’El-Facher, dernier bastion de l’armée au Darfour, où des organisations humanitaires rapportent exécutions, violences sexuelles et attaques communautaires.
Dans un communiqué, les Vingt-Sept condamnent « les atrocités persistantes » imputées aux FSR et rappellent que certaines pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. En ciblant Dagalo, l’UE cherche à accroître la pression, défendre le principe de responsabilité et préserver les conditions d’un éventuel dialogue politique, alors que l’accès à l’aide humanitaire se réduit dramatiquement.
La Rédaction
