Dans un contexte régional marqué par les tensions et les déplacements de populations liés à la crise soudanaise, la question du vivre ensemble s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur pour le Tchad. C’est autour de ce message de prévention et de cohésion sociale que la Coordination des Associations de la Société Civile et des Acteurs Citoyens (CASAC), conduite par son président Dr Mahamoud Ali Seïd, a mené une vaste campagne de sensibilisation dans les localités de Dar Alfawakih et du Dar Tama.
Loin d’un simple déplacement institutionnel, cette initiative a pris l’allure d’une véritable marche citoyenne en faveur de la paix. Dans ces territoires frontaliers, des milliers d’habitants se sont rassemblés pour participer aux rencontres communautaires organisées par la CASAC. Femmes, jeunes, leaders religieux et chefs traditionnels ont répondu présents, témoignant d’un intérêt manifeste pour les échanges consacrés à la coexistence pacifique et à la préservation du tissu social.
Au cœur des discussions, un même mot d’ordre : refuser les fractures identitaires et privilégier le dialogue comme voie de règlement des différends. Les intervenants ont rappelé que la paix ne se limite pas à l’absence de violence, mais repose sur la confiance mutuelle, la solidarité entre communautés et le respect des différences culturelles.
« La stabilité d’une nation se construit d’abord dans les villages, les quartiers et les familles », ont souligné les organisateurs, appelant chaque citoyen à devenir un acteur de la réconciliation et de la concorde.
La campagne a également mis l’accent sur la prévention des conflits. Face aux risques de propagation des tensions politiques et communautaires observées dans certains pays voisins, notamment au Soudan, les responsables de la CASAC ont exhorté les populations à faire preuve de vigilance et à rejeter les discours de haine susceptibles d’alimenter la méfiance entre groupes sociaux.
Les échanges ont permis d’aborder des thèmes étroitement liés à la paix durable : l’unité nationale, la participation citoyenne, l’éducation à la tolérance et le développement local. Pour de nombreux participants, ces rencontres constituent une occasion de renforcer les liens entre communautés et de rappeler que la diversité du Tchad doit être perçue comme une richesse plutôt qu’une source de division.
Dans les différentes étapes de la tournée, les autorités administratives et traditionnelles ont été saluées pour leur rôle dans la sécurisation des zones frontalières et la protection des populations civiles. Leur implication, ont estimé les organisateurs, demeure essentielle pour maintenir un climat de confiance et prévenir les tensions.
Au terme de cette mission, la CASAC affirme avoir trouvé dans l’accueil réservé à Dar Alfawakih et au Dar Tama un signal fort : celui d’une population qui aspire avant tout à vivre dans la sérénité, la fraternité et la solidarité.
À travers cette campagne, le message porté est clair : dans une région confrontée aux incertitudes géopolitiques, la paix ne doit pas être considérée comme un acquis, mais comme une responsabilité collective à défendre chaque jour. Pour les initiateurs de cette mobilisation, c’est dans le dialogue permanent, le respect mutuel et l’engagement citoyen que se trouvent les fondations d’un Tchad uni et résilient.
MBAÏLEDE Trésor
