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Tchad : à la COP17, l’accès aux financements climatiques au cœur des échanges avec l’ONU

La diplomatie environnementale tchadienne entend renforcer sa place dans la réponse mondiale au changement climatique. En marge de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, s’est entretenu avec Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Au-delà des échanges institutionnels, cette rencontre a surtout mis en lumière les défis auxquels le Tchad est confronté dans un contexte de dérèglement climatique marqué par la fragilité des ressources naturelles, la pression sur l’eau et la vulnérabilité des communautés.

Face à son interlocuteur onusien, le ministre tchadien a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre ses efforts en matière de protection de l’environnement et d’adaptation aux effets du changement climatique. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux pris par le Tchad depuis l’adoption de la Convention de Rio de 1992.

Mais pour N’Djamena, l’enjeu ne se limite plus à afficher des engagements. Il s’agit désormais de disposer des moyens techniques et financiers permettant de les traduire sur le terrain.

Dans cette perspective, Hassan Bakhit Djamous a présenté plusieurs initiatives nationales destinées à renforcer la résilience des populations et à soutenir un développement davantage compatible avec les impératifs environnementaux. Les projets PASER et POLOwni² A figurent notamment parmi les programmes mis en avant lors des échanges.

Leur accompagnement apparaît comme un levier important pour permettre au pays de répondre plus efficacement aux conséquences de la dégradation des écosystèmes et aux impacts du changement climatique.

La question financière s’est imposée comme l’un des principaux points de discussion. Pour le Tchad, l’accès aux ressources internationales dédiées au climat reste un défi majeur, alors même que les besoins en matière d’adaptation sont considérables.

Le ministre a ainsi appelé à une meilleure accessibilité des mécanismes de financement climatique, notamment à travers le renforcement des capacités des institutions nationales. L’objectif est de permettre au Tchad de disposer d’acteurs nationaux mieux positionnés pour mobiliser directement les ressources internationales.

Cette approche traduit une volonté d’aller vers une plus grande appropriation nationale de l’action climatique, en réduisant les obstacles institutionnels qui peuvent ralentir la réalisation des projets environnementaux.

Les discussions ont également placé la question de l’eau au centre des priorités tchadiennes. Dans un pays où cette ressource conditionne à la fois les activités agricoles, l’élevage, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de nombreuses populations, sa gestion constitue un enjeu environnemental de premier plan.

La problématique de l’eau a notamment été abordée en lien avec le Plan Chad Connexion 2030, qui entend accompagner les ambitions nationales de développement. Pour les autorités tchadiennes, la résilience climatique passe nécessairement par une meilleure anticipation des tensions liées à la disponibilité et à la gestion des ressources hydriques.

Cette préoccupation rejoint d’ailleurs les enjeux plus larges de la lutte contre la désertification et de la restauration des terres, au cœur des discussions de la COP17.

De son côté, Simon Stiell a manifesté son intérêt pour les priorités environnementales défendues par le Tchad, notamment celles relatives à l’eau. Il a également évoqué les échéances climatiques à venir et l’importance d’une préparation rigoureuse des prochaines conférences internationales.

Une attention particulière est portée à la COP32, annoncée à Addis-Abeba. Cette future conférence pourrait représenter un moment déterminant pour le continent, en offrant à l’Afrique une tribune supplémentaire pour faire valoir ses préoccupations spécifiques : adaptation, financement climatique, sécurité hydrique, résilience des territoires et protection des écosystèmes.

Pour le Tchad, l’enjeu est désormais de faire entendre sa voix, mais surtout de convertir ses priorités environnementales en programmes financés et en résultats mesurables.

À Oulan-Bator, le message porté par la délégation tchadienne est donc clair : face à l’accélération des défis écologiques, l’adaptation ne peut rester une ambition politique. Elle doit devenir une réalité concrète pour les populations et les territoires les plus exposés.

MBAÏLEDE Trésor

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