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Tchad : à la HAMA, la cérémonie de vœux se transforme en appel à un sursaut national pour la presse

Les locaux de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) ont vibré ce samedi au rythme d’une rencontre d’un genre particulier : la cérémonie de présentation des vœux à la présidente de l’institution, suivie d’un dialogue direct entre responsables d’organisations professionnelles et représentants des médias publics et privés. Un rendez-vous qui, loin de se limiter aux formules de circonstance, a pris des allures de tribune pour repenser l’avenir du paysage médiatique tchadien.

En ouvrant la séance, le secrétaire général de la HAMA, Félicien Alladoum Radingaye, a adressé ses vœux de santé et de prospérité à la présidente Halimé Assadya Ali et à sa famille. Il a également salué « la nomination d’une journaliste chevronnée » à la tête de l’institution, soulignant le caractère historique de cette désignation : pour la première fois, une femme dirige la HAMA.
Un moment symbolique pour l’ensemble du secteur, à l’heure où le métier réclame plus que jamais rigueur, professionnalisme et leadership.

Prenant ensuite la parole, la présidente Halimé Assadya Ali a immédiatement donné une orientation forte à l’année qui commence :

« Que 2026 soit une année d’engagement pour tous. Que cette rencontre dépasse les simples vœux et devienne un espace de discussion sur les défis et les perspectives. »

D’emblée, le cap était fixé : la HAMA veut une presse renforcée, responsable et tournée vers l’avenir.

La présidente n’a pas éludé les difficultés. Revenant sur l’année 2025, elle a dressé un constat préoccupant : « la toile de la presse tchadienne est mal vue ».
La prolifération de pages Facebook privées se faisant passer pour des médias, l’absence de lignes éditoriales claires et la montée de la désinformation alimentent une crise de crédibilité qui pèse sur toute la profession.

Un rappel sobre, mais nécessaire, des dérives qui fragilisent le journalisme et menacent la confiance du public.

Pour remettre le secteur sur les rails, la HAMA annonce une série de mesures ambitieuses :

  • Augmentation de l’enveloppe d’aide à la presse, afin de soutenir concrètement les rédactions.
  • Lancement du projet de construction de la Maison de la Presse au Tchad, un espace structurant pour les professionnels.
  • Année de formation intensive, notamment pour permettre aux journalistes de s’adapter aux mutations rapides de l’intelligence artificielle.
  • Vulgarisation des textes légaux sur tout le territoire national, afin de renforcer la compréhension et l’application des règles professionnelles.
  • Accompagnement matériel des médias, pour améliorer les conditions de production.
  • Réactualisation des textes juridiques régissant le secteur, jugés aujourd’hui obsolètes.
  • Promotion de l’excellence, avec l’objectif de « rendre au journalisme sa lettre de noblesse ».

Autant de signaux forts qui témoignent d’une volonté claire : réhabiliter la crédibilité des médias tchadiens, moderniser le secteur et replacer la déontologie au cœur du métier.

Au-delà des annonces, la présidente a insisté sur la nécessité d’une mobilisation de tous les acteurs : journalistes, responsables de rédaction, institutions, organisations professionnelles.
Car l’avenir de la presse tchadienne dépend aussi de son sens de l’éthique, de sa discipline et de sa capacité à innover.

MBAÏLEDE Trésor

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