La controverse autour des accusations de monnayage des audiences auprès du Président de la République prend une nouvelle tournure judiciaire. Après les déclarations du député Takilal Ndolassem et le démenti formel du Cabinet civil de la Présidence, le sénateur Abderaman Koulamallah a officiellement saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena afin de solliciter l’ouverture d’une enquête.
Dans une correspondance datée du 4 août 2026, le président du groupe parlementaire Les Refondateurs estime que les affirmations publiques du député, largement relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux, soulèvent des interrogations suffisamment sérieuses pour justifier une intervention de la justice.
Le sénateur rappelle que Takilal Ndolassem a affirmé avoir adressé à plusieurs reprises des demandes d’audience au Chef de l’État, restées sans réponse, avant de soutenir que des intermédiaires lui auraient réclamé cinq millions de francs CFA pour faciliter une rencontre avec le Président de la République. Des accusations qui ont rapidement suscité un vif débat au sein de l’opinion publique.
Face à ces allégations, le Cabinet civil de la Présidence avait opposé un démenti catégorique, dénonçant des propos mensongers portant atteinte à l’honneur de ses collaborateurs ainsi qu’à la crédibilité des institutions républicaines, tout en annonçant se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires.
Pour Abderaman Koulamallah, cette confrontation de versions ne peut rester sans réponse institutionnelle. Dans sa lettre, il considère que seul un examen judiciaire permettra de dissiper les doutes et de préserver la confiance des citoyens dans les institutions de la République.
Le sénateur demande ainsi au parquet d’ouvrir une enquête préliminaire afin de vérifier la véracité ou non des faits de corruption et de trafic d’influence évoqués publiquement. Il souhaite également que les conclusions de cette procédure fassent l’objet d’une communication officielle afin d’informer clairement l’opinion publique sur les décisions qui seront prises, qu’il s’agisse de poursuites, d’un classement sans suite ou de toute autre mesure jugée appropriée.
Dans son courrier, Abderaman Koulamallah insiste sur le fait que sa démarche ne constitue ni une condamnation anticipée ni une prise de position en faveur de l’une ou l’autre des parties. Il affirme agir en tant que parlementaire et citoyen soucieux de voir la justice établir les faits avec impartialité et transparence, dans une affaire qui touche directement à la probité des institutions de l’État.
Cette saisine du procureur marque une nouvelle étape dans une affaire devenue à la fois politique et judiciaire. Désormais, l’attention est tournée vers le parquet, appelé à déterminer s’il y a lieu d’engager des investigations afin d’établir les responsabilités et d’apporter les éclaircissements attendus par l’opinion nationale.
MBAÏLEDE Trésor
