La coopération entre N’Djamena et Alger entend désormais dépasser le cadre des échanges institutionnels pour s’inscrire dans des réalisations concrètes. Une mission tchadienne effectuée en Algérie a permis d’explorer de nouvelles pistes pour moderniser les infrastructures sportives et renforcer les compétences nationales.
Le sport tchadien veut changer de dimension. Derrière les performances des athlètes et les ambitions affichées sur les scènes nationale et internationale se pose une question essentielle : celle des infrastructures capables d’accompagner durablement la pratique sportive.
C’est dans cette perspective qu’une délégation du ministère tchadien en charge des Sports a séjourné en Algérie, du 28 août au 3 septembre 2026. Conduite par Idriss Ibrahim Moura, Directeur général de la Gestion des Structures sportives, de la Jeunesse et des Loisirs, elle avait pour principale mission d’étudier l’expérience algérienne dans la conception, la construction et l’exploitation des équipements sportifs.
À Alger, Blida et Tipaza, les responsables tchadiens ont multiplié les visites de terrain. Complexes sportifs, installations de haut niveau et équipements de proximité ont été passés au crible afin de mieux comprendre les choix opérés par l’Algérie en matière d’aménagement sportif.
Au-delà de la découverte des infrastructures, l’enjeu était surtout d’identifier des solutions transposables au contexte tchadien. Car pour N’Djamena, il ne s’agit plus seulement de construire des terrains ou des stades, mais de réfléchir à des équipements fonctionnels, durables et adaptés aux besoins des populations.
Cette démarche pourrait à terme contribuer à améliorer l’accès des jeunes aux espaces sportifs et à offrir aux fédérations et aux athlètes des conditions de préparation plus adaptées.
La mission ne s’est toutefois pas limitée au béton et aux équipements. La question des ressources humaines a occupé une place importante dans les discussions.
À l’École Supérieure des Sciences et Technologies du Sport, les échanges ont notamment porté sur la formation des cadres tchadiens. L’objectif est de développer des compétences capables d’assurer une administration plus efficace du sport et une gestion professionnelle des infrastructures.
Autre domaine exploré : la médecine sportive. La visite du Centre National de Médecine du Sport a permis à la délégation tchadienne de découvrir des dispositifs susceptibles d’inspirer le renforcement de la prise en charge médicale des sportifs au Tchad.
Les discussions entre les deux parties ouvrent désormais la voie à une coopération davantage opérationnelle. L’accompagnement technique de l’Algérie dans certains projets d’infrastructures, l’échange d’expertise et la formation spécialisée figurent parmi les pistes envisagées.
Cette orientation marque une évolution importante dans les relations sportives entre les deux pays. Le mémorandum d’entente signé dans le secteur sportif cherche ainsi à passer du stade des intentions à celui des réalisations.
Pour le Tchad, l’enjeu est considérable. La modernisation des infrastructures constitue l’un des leviers susceptibles de favoriser l’éclosion de nouveaux talents, de démocratiser la pratique sportive et d’améliorer la compétitivité des athlètes tchadiens.
De la formation des cadres à la construction d’équipements, N’Djamena et Alger semblent vouloir donner au partenariat sportif une nouvelle profondeur. Reste désormais à transformer les échanges et les engagements en projets visibles sur le terrain.
MBAÏLEDE Trésor
