Ce lundi 16 mars 2026, l’hémicycle du Sénat du Tchad sera le théâtre d’une séance particulièrement attendue. Le Premier ministre Amb. Allah Maye Halina est appelé à s’expliquer devant les sénateurs sur l’un des sujets les plus sensibles et structurants du pays : la cohésion nationale et le vivre-ensemble.
À l’origine de cette interpellation, le sénateur Abderaman Koulamallah, président du groupe parlementaire Les Refondateurs. En demandant la comparution du chef du gouvernement, il place ce dernier face à un exercice de transparence incontournable, à un moment où les tensions sociales, identitaires et politiques alimentent de vifs débats dans le pays.
Selon des sources proches du Sénat, le parlementaire souhaite obtenir du Premier ministre « une vision claire, des engagements fermes et des actions mesurables » pour renforcer l’unité nationale. Pour lui, le vivre-ensemble ne peut plus se limiter à un slogan institutionnel : il doit se traduire par des politiques publiques concrètes et inclusives.
L’intervention du Premier ministre est d’autant plus scrutée que la question de la cohésion nationale s’impose comme un défi central : disparités régionales persistantes, crispations communautaires, perception d’inégalités dans l’accès aux opportunités publiques, et un climat sociopolitique parfois fragilisé par de fortes polarisations.
Face aux sénateurs, le chef du gouvernement devra défendre sa stratégie, détailler ses priorités, mais aussi rassurer. Son discours pourrait aborder les réformes institutionnelles en cours, les initiatives de médiation communautaire ou encore les politiques économiques censées réduire les fractures sociales.
Au-delà du fond, la séance revêt une portée symbolique majeure. Elle illustre une dynamique démocratique où le contrôle parlementaire s’exerce pleinement. Elle met aussi en scène un dialogue politique qui, dans un contexte national exigeant, doit permettre de consolider la confiance entre les institutions et les citoyens.
Dans les couloirs du Sénat, les attentes sont grandes. Certains espèrent un discours ambitieux, capable d’envoyer un signal fort. D’autres redoutent des réponses jugées trop générales ou insuffisamment engageantes.
Ce lundi, ce n’est donc pas seulement un Premier ministre qui est attendu : c’est une vision, une volonté, et peut-être une méthode renouvelée pour consolider le vivre-ensemble.
Une chose est certaine : l’allocution d’Amb. Allah Maye Halina, suivie des échanges avec les sénateurs, pourrait marquer un tournant dans la manière dont le gouvernement entend répondre aux défis de cohésion nationale.
La Rédaction
