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Tchad : après dix jours d’inspection, le ministère veut reprendre le contrôle du foncier public

Au terme de dix jours de mission dans plusieurs provinces, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assilek Halata, tire la sonnette d’alarme sur la gestion du patrimoine foncier de l’État. La tournée a mis en lumière des dysfonctionnements administratifs, des insuffisances dans les services locaux, mais surtout des occupations irrégulières de terrains publics.

Les équipes d’inspection ont recensé 146 réserves de l’État, dont 83 déjà affectées à des projets ou équipements publics et 63 encore disponibles pour de futurs aménagements. Une situation qui pousse le ministère à renforcer la protection de ces espaces face aux constructions et aux transactions jugées illégales.

À Mongo, un terrain situé à proximité du marché aurait notamment fait l’objet d’une vente controversée. Le ministre a réaffirmé la détermination de son département à empêcher toute appropriation privée des réserves publiques. Une fois les terrains immatriculés, des panneaux portant la mention « Réserve de l’État, interdit de construire » devraient être installés pour matérialiser leur statut.

La mission a également révélé d’importantes disparités dans les recettes foncières. À Mongo, plus de 18 millions de FCFA ont été collectés entre janvier et août 2026. Dans le Batha, les recettes cumulées sur cinq ans dépassent à peine 20 millions de FCFA. Le ministère entend désormais renforcer le suivi des services déconcentrés et procéder à une évaluation des responsables provinciaux.

Autre chantier : l’habitat social. À Mongo, 30 hectares ont été réservés à la SONAPHIL afin de favoriser la réalisation de logements accessibles, avec l’appui de partenaires publics et privés.

Dans le Ouara, au Ouaddaï, la mission a pris une dimension particulière. Après les violences intercommunautaires liées à des litiges fonciers, ayant fait 23 morts, les techniciens du ministère ont entrepris des opérations de levés topographiques et de délimitation des espaces disputés.

À travers cette démarche, le gouvernement entend clarifier les limites foncières, sécuriser les zones économiques et prévenir de nouveaux conflits. Le message du ministère est sans équivoque : les litiges liés à la terre doivent être tranchés par les mécanismes administratifs ou judiciaires, jamais par la violence.

MBAÏLEDE Trésor

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