En déplacement dans la province du Batha, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a conduit ce vendredi une délégation gouvernementale au sein de la Réserve de faune de Ouadi Rimé–Ouadi Achim, l’un des plus vastes sanctuaires sahélo-sahariens du pays. Une visite qui met en lumière les efforts continus du Tchad pour restaurer et préserver une biodiversité autrefois menacée d’extinction.
Créée le 10 mai 1969, à cheval entre les provinces du Batha et du Wadi-Fira, cette aire protégée emblématique est aujourd’hui gérée par l’ONG Sahara Conservation. Elle constitue un refuge précieux pour plusieurs espèces emblématiques du désert, parmi lesquelles l’oryx algazelle, la gazelle dama, l’addax ainsi que l’autruche d’Afrique du Nord. Longtemps décimées par le braconnage, les guerres et les pressions climatiques, ces espèces retrouvent progressivement un espace sûr grâce à un ambitieux programme de réintroduction.
Depuis 2016, avec l’appui déterminant de l’Agence de l’Environnement d’Abu Dhabi, des centaines d’oryx et d’addax ont en effet été réintroduits dans leur habitat naturel. Une initiative saluée par les spécialistes comme l’une des plus importantes opérations de restauration d’espèces sahariennes au monde.
Au cours de la visite, la délégation ministérielle a exploré le site de captivité et d’acclimatation, une étape essentielle du processus de réintroduction. Ce dispositif permet aux animaux de s’adapter progressivement aux conditions naturelles du désert avant leur libération totale dans la réserve.
Pour le ministre Hassan Bakhit Djamous, cette excursion constitue un signal fort :
« La Réserve de Ouadi Rimé–Ouadi Achim est un patrimoine national et continental. Les efforts consentis ces dernières années montrent que la protection de la biodiversité n’est pas seulement un devoir écologique, mais un choix stratégique pour les générations futures. »
La visite intervient dans un contexte où le Tchad ambitionne de renforcer ses politiques environnementales et de valoriser ses aires protégées comme leviers de développement durable. Avec ses 78 000 km², la Réserve de Ouadi Rimé–Ouadi Achim demeure aujourd’hui un symbole de résilience écologique et un laboratoire à ciel ouvert pour la conservation sahélo-saharienne.
La Rédaction
