Les autorités tchadiennes et centrafricaines franchissent un nouveau cap dans le dossier des réfugiés. Réunies à N’Djamena, les deux parties ont validé les dispositions opérationnelles devant encadrer le retour volontaire des ressortissants centrafricains installés au Tchad, avec pour exigences la sécurité, la dignité et le respect du libre choix des bénéficiaires.
Le processus de retour des réfugiés centrafricains vers leur pays d’origine prend progressivement forme. Ce mercredi 4 novembre 2026, N’Djamena a accueilli une réunion décisive de la Commission tripartite réunissant le Tchad, la République centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Au centre des discussions : la définition des mécanismes destinés à organiser le rapatriement volontaire des populations concernées.
Présidée par la ministre tchadienne de l’Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, Zara Mahamat Issa, aux côtés de son homologue centrafricaine, Lina Josiane BEMAKA-SOUI, cette rencontre a permis de transformer les conclusions des consultations techniques en dispositions concrètes pour la suite des opérations.
Les échanges ont notamment abouti à la validation de plusieurs documents stratégiques. Il s’agit des termes de référence régissant le fonctionnement de la Commission tripartite, des procédures pratiques de rapatriement, du calendrier prévisionnel des activités ainsi que du communiqué final. Autant d’instruments qui doivent permettre aux différents acteurs d’intervenir selon une feuille de route commune.
Au-delà des accords administratifs, l’enjeu est avant tout humain. Il s’agit de préparer le retour de milliers de personnes dans des conditions qui préservent leurs droits fondamentaux et leur intégrité. Le caractère volontaire de cette opération demeure ainsi un principe incontournable : aucun réfugié ne devra être contraint de regagner son pays contre sa volonté.
Prenant la parole, la ministre Zara Mahamat Issa a insisté sur la nécessité d’une action concertée, fondée sur les priorités respectives des deux États. Le Tchad entend notamment assurer une organisation rigoureuse du départ des réfugiés, tandis que la République centrafricaine devra créer les conditions favorables à leur accueil et à leur réinstallation.
La responsable tchadienne a également appelé les partenaires humanitaires et institutionnels à inscrire leurs interventions dans les orientations définies par les gouvernements, tout en veillant au respect des droits et des attentes des populations concernées.
Avec cette nouvelle avancée, N’Djamena et Bangui affichent leur volonté de faire évoluer le dossier du rapatriement vers une phase davantage opérationnelle. Toutefois, la réussite de cette démarche dépendra de la capacité des parties prenantes à garantir un retour réellement librement consenti, sécurisé et assorti de perspectives de réintégration durables.
Derrière les accords signés et les mécanismes adoptés se dessine ainsi un défi majeur : permettre aux réfugiés centrafricains de retrouver leur terre d’origine sans compromettre leur sécurité, leur dignité ni leur avenir.
MBAÏLEDE Trésor
