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Tchad-Chine : le numérique et l’intelligence artificielle au cœur d’un partenariat renforcé

Le partenariat entre le Tchad et la Chine franchit un nouveau cap dans le domaine du numérique. Reçu lundi 17 août par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, l’ambassadeur de Chine au Tchad, Wang Xining, a placé la coopération technologique et le développement de l’intelligence artificielle au centre des échanges.

Au-delà d’une simple visite de courtoisie, la rencontre s’est imposée comme un nouveau signal de rapprochement entre N’Djamena et Pékin dans un secteur devenu stratégique pour le développement des États. Aux côtés du ministre, le secrétaire d’État aux Télécommunications, Ibangolo Manga Maïna Abel, a également pris part aux discussions.

L’ambassadeur chinois a réitéré la volonté de son pays d’accompagner le Tchad dans sa transformation numérique. Une ambition qui prend une dimension particulière avec l’annonce d’un programme de formation porté par le président chinois Xi Jinping, prévoyant 5 000 bourses destinées à des Africains dans les domaines de la technologie et de l’intelligence artificielle.

Pour le Tchad, l’enjeu dépasse désormais la seule construction d’infrastructures. Il s’agit de former une nouvelle génération de compétences capables de concevoir, déployer et maîtriser les technologies qui redessinent progressivement les économies et les administrations.

Cette perspective rejoint les priorités affichées par les autorités tchadiennes, qui entendent faire du numérique un levier de modernisation et de développement.

Au cours de l’entretien, Haliki Choua Mahamat a présenté la Chine comme un partenaire majeur du Tchad dans le secteur numérique. Il a notamment mis en avant le Projet de Modernisation des Infrastructures de Communications Électroniques (PMICE), présenté comme l’une des réalisations issues de la coopération entre les deux pays.

Le ministre a toutefois plaidé pour une intensification de ce partenariat, estimant que les besoins du Tchad en matière d’infrastructures numériques, de connectivité et de technologies avancées nécessitent une coopération encore plus soutenue.

Dans cette dynamique, la vision portée par le président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, a également été évoquée : celle d’un Tchad davantage connecté, capable de s’appuyer sur le numérique pour accélérer sa modernisation.

L’intelligence artificielle s’est particulièrement imposée dans les discussions. Le département ministériel dispose désormais d’une direction générale spécifiquement consacrée à cette technologie, signe de la volonté des autorités d’anticiper les mutations liées à l’IA.

Le ministre a également présenté les structures nationales de formation, notamment l’École nationale supérieure des technologies de l’information et de la communication (ENASTIC) et l’Université numérique.

Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, le Tchad souhaite renforcer les capacités de ces institutions. Dans cette perspective, Haliki Choua Mahamat a sollicité l’expertise chinoise afin d’accompagner le pays dans la formation, l’innovation et le développement des compétences liées à l’IA.

La rencontre traduit ainsi une évolution du partenariat tchado-chinois : après les infrastructures et les équipements, l’accent se déplace progressivement vers le capital humain, la formation et la maîtrise des technologies de pointe.

Pour N’Djamena, l’enjeu est désormais de transformer les opportunités de coopération en compétences nationales durables. Pour Pékin, l’accompagnement technologique et la formation constituent également de nouveaux axes de consolidation de ses relations avec le Tchad.

La remise d’un présent symbolique de la culture chinoise au ministre, au terme de la rencontre, est venue clore un entretien présenté comme fructueux.

Derrière les échanges diplomatiques, un message se dessine : le Tchad veut accélérer sa transition numérique et la Chine entend jouer un rôle majeur dans cette nouvelle étape. La bataille de demain se gagnera autant sur les réseaux et les infrastructures que dans les laboratoires, les universités et les centres de formation. Pour N’Djamena, l’intelligence artificielle apparaît désormais comme l’un des terrains privilégiés de cette ambition.

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