Les débats sur la représentativité de l’opposition tchadienne ont repris de l’ampleur ce dimanche 11 janvier 2026, lors d’une conférence de presse animée à N’Djamena par les membres du Comité technique chargé d’élaborer les critères de choix des représentants de la composante Opposition démocratique au sein du Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP).
Le député Alladoum Djarma Balthazar, président du parti ASTRE et porte-parole du comité, a insisté sur la conformité du processus avec les textes en vigueur, rappelant l’ordonnance n°040/PR/2019 et le protocole du 13 mai 2025 instituant le CPDP.
Il a indiqué qu’une réunion préalable avait rassemblé les forces de l’opposition afin d’expliquer les modalités de désignation des quinze (15) sièges qui leur sont attribués.
Selon lui, les critères retenus sont « institutionnels, politiques et électoraux », excluant toute approche personnalisée ou partisane. Il a également souligné que le statut de Chef de file de l’opposition est strictement défini par la loi et ne peut être revendiqué en dehors du cadre légal.
Mais cette démarche ne fait pas l’unanimité. Une frange de l’opposition, non retenue sur la liste des quinze membres désignés, dénonce un processus « biaisé » qui ne refléterait pas la diversité réelle des forces politiques.
« Ces quinze membres ne représentent ni les aspirations profondes du peuple tchadien ni l’ensemble des forces politiques de l’opposition », a fustigé un responsable politique non retenu, accusant la plateforme de privilégier des partis « proches du pouvoir ».
Certains acteurs vont jusqu’à parler d’« opposition fabriquée », mettant en cause l’éligibilité de partis ayant soutenu la majorité présidentielle par le passé.
Ces opposants annoncent des actions politiques et juridiques visant la dissolution pure et simple du CPDP, jugé dépourvu de légitimité.
Interrogé sur ces accusations, Alladoum Djarma Balthazar a affirmé que des critères objectifs ont été appliqués, notamment la participation aux élections présidentielles, législatives et communales.
Selon lui, plusieurs partis aujourd’hui contestataires n’auraient pas satisfait à ces exigences ou auraient récemment changé d’alignement politique sans respecter les règles établies.
Il a réaffirmé qu’« il n’existe aucune opposition fabriquée », assurant que les membres désignés répondent pleinement aux critères fixés.
De son côté, Iza Hisseine Doungous a rappelé que les critères de désignation avaient été définis dès le 30 mai 2025 par l’Assemblée générale des partis de l’opposition, puis entérinés par une décision du Chef de file de l’opposition le 4 juin 2025.
Elle a insisté sur la portée constitutionnelle de ce statut, né du suffrage universel et non d’un regroupement partisan.
Dans un contexte marqué par de profondes fractures au sein de la classe politique, le CPDP a lancé un appel solennel à l’unité de l’opposition démocratique. Une unité présentée comme indispensable face aux défis institutionnels, politiques et socio-économiques auxquels le pays est confronté.
La Rédaction



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