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Tchad–États-Unis : un partenariat énergétique stratégique signé à Washington pour électrifier le pays avec Zanbur Energy

Dans l’effervescence feutrée des réunions de printemps du Banque mondiale et du Fonds monétaire international, une signature est venue capter les projecteurs diplomatiques : celle d’un accord énergétique majeur entre le Tchad et la société américaine Zanbur Energy, scellant une ambition nationale de transformation électrique à grande échelle.

Sous les dorures institutionnelles de la capitale américaine, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passale Kanabé Marcelin, a officialisé un protocole d’accord avec Zanbur Energy. Derrière les formules administratives, se dessine une rupture stratégique : électrifier massivement un pays où l’accès à l’énergie demeure encore inégal et fragile.

Le projet ne se contente pas d’annoncer des intentions. Il dessine une véritable cartographie énergétique du futur. Des unités photovoltaïques de 2,5 MWc couplées à des systèmes de stockage de 10 MWh constitueront les briques initiales du dispositif. À plus grande échelle, des centrales pouvant atteindre 200 MWc seront déployées, épaulées par des capacités de stockage culminant à 800 MWh.

Une ingénierie de l’énergie pensée comme un réseau nerveux, capable de diffuser l’électricité jusque dans les zones les plus enclavées. L’objectif est limpide : casser les asymétries territoriales et rapprocher durablement le courant des populations.

Contrairement aux modèles centralisés classiques, le dispositif privilégie une logique de déploiement régionalisé. Plusieurs villes du pays bénéficieront de ces infrastructures hybrides, combinant production solaire, stockage et distribution optimisée. S’y ajouteront des lignes de transport, des postes électriques stratégiques, ainsi qu’un centre de formation dédié à l’exploitation et à la maintenance.

Ce dernier volet, souvent négligé dans les projets énergétiques africains, constitue ici un pilier structurant : former des compétences locales pour assurer la pérennité technique du système.

L’accord signé à Washington trouve ses racines dans les discussions engagées après le Plan National de Développement tenu à Abu Dhabi en novembre dernier. C’est également l’œuvre d’un facilitateur discret mais décisif : le consul honoraire du Tchad à New York, Mahamat Yacoub Azalo, qui a initié la mise en relation avec Zanbur Energy.

Cette dynamique a reçu l’aval politique le plus élevé, notamment celui du Président de la République Mahamat Idriss Déby Itno, qui a donné instruction de concrétiser ce partenariat jugé structurant pour l’avenir énergétique du pays.

Inscrit dans la vision stratégique du Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 », cet accord dépasse le simple cadre énergétique. Il s’impose comme un levier de modernisation économique, un accélérateur de compétitivité et un instrument de transformation sociale.

À travers ce partenariat, le Tchad affirme une orientation claire : diversifier ses alliances, attirer des expertises internationales et inscrire l’électricité au cœur de son développement. Dans un contexte continental où l’énergie reste un défi majeur, cette initiative sonne comme une déclaration d’intention : celle d’un pays qui entend sortir de l’ombre énergétique pour entrer dans une nouvelle clarté économique.

La Rédaction

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