Alors que la situation sécuritaire dans la zone de Miski, au Tibesti, suscite de nouvelles inquiétudes, la Médiature de la République tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié le 23 octobre 2026, l’institution exhorte les protagonistes à mettre fin aux hostilités et à privilégier la voie des négociations pour préserver les acquis du processus de paix.
La paix dans le nord du Tchad est de nouveau confrontée à une épreuve délicate. À Miski, dans la province du Tibesti, la montée des tensions ravive les craintes d’une détérioration du climat sécuritaire et fait peser des incertitudes sur les efforts de rapprochement engagés jusqu’ici. Face à cette évolution préoccupante, la Médiature de la République sort de sa réserve et lance un appel pressant à la responsabilité collective.
Dans son communiqué de presse n°013/MR/SG/DCT/2026, signé à N’Djaména le 23 octobre, l’institution exprime sa profonde préoccupation devant des événements susceptibles de compromettre les avancées obtenues grâce aux initiatives de dialogue et de concertation. Elle met notamment en garde contre les répercussions d’une nouvelle flambée de tensions sur la sécurité des habitants, la stabilité sociale et la consolidation de la paix.
Pour la Médiature, la recrudescence des tensions ne constitue pas seulement une menace sécuritaire immédiate. Elle risque également de fragiliser la confiance entre les parties et de remettre en cause les efforts consentis pour parvenir à une coexistence pacifique.
L’institution rappelle ainsi qu’aucune confrontation ne peut, à elle seule, apporter une réponse durable aux différends. La poursuite des hostilités, souligne-t-elle en substance, réduit les marges de négociation, complique les possibilités de rapprochement et expose davantage les populations aux conséquences d’une crise dont l’issue demeure incertaine.
Dans ce contexte, la Médiature demande aux acteurs concernés de faire preuve de retenue et de privilégier la désescalade. Son exigence est sans ambiguïté : la cessation immédiate des hostilités doit ouvrir la voie à un retour aux discussions et à la recherche de solutions négociées.
Au-delà de l’urgence sécuritaire, le message de la Médiature met en lumière un autre impératif : la préservation des engagements souscrits dans le cadre du processus de paix. Pour l’institution, les accords conclus ne doivent pas perdre leur valeur au gré des difficultés ou des désaccords qui peuvent surgir.
Leur crédibilité repose sur la détermination des différentes parties à en respecter les dispositions et à maintenir vivant leur esprit. Les divergences éventuelles, insiste la Médiature, doivent être traitées au moyen de mécanismes concertés plutôt que par des initiatives susceptibles d’alimenter davantage la confrontation.
Cette position traduit une conviction fondamentale : la paix ne peut se limiter à la signature d’accords. Elle exige une volonté constante de les appliquer, de préserver les canaux de communication et de rechercher des compromis lorsque des obstacles apparaissent.
Dans son adresse aux protagonistes, la Médiature de la République place l’intérêt supérieur de la Nation au cœur de son plaidoyer. Elle invite les parties à dépasser les considérations immédiates pour privilégier la stabilité, la cohésion nationale et la protection des populations.
L’institution réaffirme également sa disponibilité à accompagner toute initiative susceptible de relancer les échanges et de favoriser une issue pacifique à la situation actuelle. Une ouverture qui souligne son intention de maintenir un cadre propice à la médiation et au rapprochement des positions.
À Miski, l’heure est donc à la retenue et à la responsabilité. L’évolution de la situation dépendra notamment de la capacité des acteurs concernés à interrompre la spirale des tensions, à respecter leurs engagements et à redonner toute sa place au dialogue.
Car, au-delà des divergences, l’enjeu demeure essentiel : empêcher que les acquis de la paix ne soient compromis et préserver les conditions d’une réconciliation durable dans une région où la stabilité reste un objectif déterminant pour l’avenir du pays.
MBAÏLEDE Trésor
