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Tchad : la coopération HAMA–PAPPE donne un nouvel élan technologique au monitoring des médias

La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a réceptionné, ce jeudi 24 septembre 2026, un important lot d’équipements technologiques destinés à moderniser son unité de monitoring. Un appui fourni dans le cadre du Projet d’Appui au Parlement et aux Processus Électoraux (PAPPE), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Centre européen d’appui électoral (ECES).

Au total, 52 ordinateurs, un serveur de 32 téraoctets, des équipements spécialisés de captation et de suivi audiovisuel ainsi que six systèmes Starlink viennent renforcer les capacités techniques de l’institution. À travers cette dotation, la HAMA entend adapter son dispositif de surveillance à un paysage médiatique en pleine expansion et marqué par une accélération des mutations numériques.

De moins d’une dizaine de médias au début de la libéralisation du secteur, le Tchad compte désormais plus de 200 médias officiellement reconnus, entre radios, télévisions et journaux électroniques. Une évolution qui, selon la présidente de la HAMA, Halimé Assadya Ali, impose de repenser les méthodes de suivi et de régulation.

« Suivre, assurer le monitoring et réguler plus de deux cents médias, dans un contexte marqué par de profondes mutations technologiques, devient une mission plus que fastidieuse et un challenge quotidien », a-t-elle souligné lors de la cérémonie.

L’ancienne unité de monitoring, installée en 2011, avait progressivement atteint ses limites. La nouvelle infrastructure doit permettre de franchir ce cap technologique en offrant notamment une capacité d’enregistrement et de stockage systématique des programmes diffusés par 24 radios et 8 télévisions de N’Djamena, 24 heures sur 24.

Le système est par ailleurs conçu pour évoluer progressivement jusqu’à 36 radios et 16 télévisions, avec l’ambition affichée d’étendre ultérieurement le dispositif aux médias implantés dans les provinces.

Au-delà de la simple acquisition de matériel informatique, le nouvel outil doit permettre à la HAMA de disposer d’éléments plus solides pour documenter son travail de régulation.

Enregistrements, rapports d’observation, décisions et archives pourront être conservés et exploités dans un environnement numérique mieux structuré. Pour la coordinatrice du PAPPE, Madjiguene Thiam, cette capacité est déterminante pour renforcer la qualité du monitoring et permettre à l’institution de fonder ses interventions sur des contenus vérifiables.

L’enjeu est également institutionnel. La conservation numérique des contenus doit contribuer à préserver la mémoire de l’institution et à faciliter l’analyse des programmes diffusés par les différents médias.

Pour le PAPPE, cette remise d’équipements s’inscrit dans une démarche plus large d’accompagnement de la HAMA. La coopération ne s’est pas limitée à la fourniture de matériel.

Le projet a également soutenu des formations destinées aux journalistes et techniciens des radios privées, ainsi qu’une mission de cartographie et d’évaluation des radios privées à l’intérieur du pays. Un accompagnement technique a également contribué à l’élaboration d’un plan stratégique triennal et d’un plan opérationnel pour 2026.

La dotation comprend aussi des solutions destinées à assurer la continuité du travail en cas de perturbations électriques, notamment un onduleur, une batterie de grande capacité et un système d’inversion d’énergie.

Pour Halimé Assadya Ali, l’acquisition de ces équipements ne constitue toutefois qu’une étape. Leur efficacité dépendra surtout de la manière dont ils seront utilisés et entretenus.

La présidente de la HAMA a ainsi appelé les responsables techniques et les observateurs des médias à faire un usage rigoureux de ces nouveaux outils, tout en annonçant la mise en place de conditions de travail adaptées.

L’objectif affiché est de parvenir à une régulation davantage fondée sur l’observation, la documentation et la professionnalisation du secteur.

Alors que les radios et télévisions traditionnelles demeurent au cœur du dispositif, la transformation numérique élargit considérablement le champ de la régulation. Sites d’information, webradios et réseaux sociaux occupent désormais une place importante dans l’écosystème médiatique.

La HAMA souhaite donc aller plus loin. Sa présidente a plaidé pour un accompagnement futur dans l’acquisition d’une solution permettant de suivre efficacement les médias électroniques, présentés comme une composante désormais incontournable du paysage médiatique national.

Dans un environnement où l’intelligence artificielle accélère encore la production et la circulation des contenus, la question du monitoring numérique devient ainsi un nouveau chantier pour le régulateur.

Avec cette nouvelle infrastructure, la HAMA entend renforcer sa capacité à observer les médias, produire des rapports réguliers et contribuer, selon ses missions, à la préservation de la paix, de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Pour le PAPPE, l’ambition est également de faire en sorte que l’investissement technologique produise des effets concrets : un monitoring plus rigoureux, des décisions mieux documentées et une institution davantage outillée face aux mutations du secteur.

La cérémonie de ce 24 septembre marque ainsi moins l’aboutissement d’un processus que l’ouverture d’une nouvelle étape. Avec plus de 200 médias à suivre et un espace numérique en constante expansion, la HAMA devra désormais transformer cette capacité technologique en un véritable outil de travail quotidien au service de la régulation et de la professionnalisation du paysage médiatique tchadien.

MBAÏLEDE Trésor

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