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Tchad : la LTDF dénonce l’exclusion de dix élèves du Lycée technique de Moundou et appelle à une réponse éducative plutôt que punitive

La Ligue Tchadienne des Droits des Femmes (LTDF) s’est dite « profondément préoccupée » après la décision d’exclusion définitive de dix élèves du Lycée Technique Commercial de Moundou, sanctionnées pour des publications sur les réseaux sociaux jugées contraires aux règles de l’établissement.

Dans un communiqué rendu public le 15 mai 2026 à N’Djamena, la LTDF estime que cette mesure soulève de sérieuses interrogations sur ses conséquences éducatives, psychologiques et sociales, notamment pour des adolescentes en pleine construction identitaire. Tout en reconnaissant la nécessité du respect du règlement intérieur et de la discipline scolaire, l’organisation rappelle que toute sanction doit rester proportionnée, éducative et conforme aux droits fondamentaux des enfants.

L’organisation souligne que les cadres juridiques nationaux et internationaux ratifiés par le Tchad, dont la Convention relative aux droits de l’enfant, exigent que toute décision concernant un mineur prenne en compte son intérêt supérieur, son droit à la défense et ses perspectives de réinsertion. Pour la LTDF, l’école doit rester un espace d’éducation et d’accompagnement, et non uniquement de sanction.

Au-delà du cas de Moundou, la LTDF voit dans cette affaire un révélateur du manque d’encadrement des jeunes face aux réseaux sociaux. Elle pointe l’absence d’éducation au numérique, de sensibilisation aux risques en ligne et de dispositifs de prévention du cyberharcèlement dans de nombreux établissements scolaires.

La ligue appelle ainsi le Ministère de l’Éducation Nationale à clarifier les bases juridiques de cette exclusion et à rendre public le règlement intérieur invoqué. Elle demande également l’ouverture d’une réflexion nationale sur les sanctions disciplinaires appliquées aux mineurs.

Par ailleurs, la LTDF plaide pour des alternatives à l’exclusion définitive, telles que la médiation scolaire, l’accompagnement psychosocial ou la réorientation pédagogique, avertissant que de telles sanctions peuvent favoriser le décrochage scolaire, la stigmatisation et la vulnérabilité sociale des jeunes filles.

L’organisation interpelle également les familles, estimant que l’encadrement parental et le dialogue avec les adolescents restent insuffisants face aux enjeux du numérique. Elle condamne en outre toute stigmatisation publique des élèves concernées, rappelant le droit des enfants à la dignité et à la protection contre l’humiliation sociale.

Enfin, la LTDF appelle le Ministère de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance à renforcer l’accompagnement psychosocial des élèves et à prévenir les risques de violences et de décrochage.

L’organisation conclut en appelant à un débat national sur l’éducation numérique, la protection des mineurs et la santé mentale des jeunes, estimant que la réponse aux dérives en milieu scolaire doit combiner discipline, prévention et réinsertion.

La Rédaction

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