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Tchad : L’AILC réfute les critiques du ministre des Finances et défend la solidité de ses redressements

À la suite des déclarations du Ministre d’État, Ministre en charge des Finances, mettant en doute les redressements et recouvrements annoncés par l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC), l’institution anticorruption a réagi dans un communiqué publié à N’Djamena ce 29 décembre 2025. Objectif : rétablir les faits et rassurer l’opinion publique sur la fiabilité de ses travaux.

L’AILC rappelle que les redressements de 910 milliards de FCFA, révélés lors de la Journée internationale de lutte contre la corruption du 9 décembre, couvrent la période 2021 à 2025. Selon l’Autorité, ces chiffres reposent sur une analyse « minutieuse, rigoureuse et objective » de documents financiers, fiscaux et administratifs fournis par les entités contrôlées et examinés selon un processus contradictoire.


Les contrôles ne concernent pour l’instant que 37 missions, soit une portion limitée de l’administration publique.

Les irrégularités relevées concernent majoritairement des exonérations et dégrèvements fiscaux illégaux, des abattements sur des enregistrements de marchés publics irréguliers, ainsi que des contrats non exécutés, des détournements et des recettes perçues mais non reversées au Trésor public. Une grande partie de ces anomalies, souligne l’AILC, relèverait directement de décisions prises en violation des lois en vigueur par le ministère des Finances.

L’Autorité affirme avoir réalisé des recouvrements effectifs de 22 milliards de FCFA, déjà déposés au Trésor. Ces fonds proviennent notamment de la Direction générale des Impôts, des Douanes, de la bancarisation et du paiement mobile, ainsi que de plusieurs ministères et institutions dont la SNE, l’ENASTIC et la Mairie centrale. Toutes les sommes, assure-t-elle, sont appuyées de pièces justificatives « accessibles à toute vérification de bonne foi ».

En parallèle, l’AILC dit avoir documenté près de 98,6 milliards de FCFA de compensations, reconnues par les entités concernées. Les établissements bancaires représentent à eux seuls plus de 47 milliards de FCFA, issus de redressements que l’AILC affirme avoir transmis au Trésor, avant que le ministère des Finances n’intervienne pour les transformer en compensations.

Face aux critiques, l’Autorité réaffirme sa mission : protéger l’intérêt public et garantir une gestion transparente des ressources nationales. Elle se dit par ailleurs disposée à un « dialogue constructif » avec toutes les parties prenantes, tout en maintenant sa détermination à lutter contre la corruption « sous toutes ses formes ».

La Rédaction

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