Au Tchad, la nouvelle année scolaire s’ouvre sur une ambition qui dépasse la simple reprise des activités pédagogiques. Pour le ministère de l’Éducation nationale, l’année 2026-2027 doit accélérer la transformation de l’école et donner une place centrale au bilinguisme français-arabe, présenté comme un levier de cohésion nationale et de qualité de l’enseignement.
À la veille de la rentrée administrative, le ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, Dr Mahamat-Ahmad Alhabo, a appelé l’ensemble de la communauté éducative à se mobiliser autour du thème : « Une école bilingue au service d’une nation ».
L’enjeu est désormais de passer des orientations aux résultats. Après une année scolaire 2025-2026 marquée par des mouvements sociaux, des contraintes logistiques et diverses difficultés locales, le département de l’Éducation entend consolider les acquis tout en s’attaquant aux faiblesses persistantes du système.
Au-delà de son caractère linguistique, la promotion du français et de l’arabe dans l’enseignement est présentée comme un projet structurant pour l’école tchadienne. L’objectif est de faire du bilinguisme un instrument de rapprochement entre les communautés, de valorisation de la diversité culturelle et de préparation des jeunes aux exigences d’un monde ouvert.
Pour concrétiser cette orientation, le ministère mise notamment sur le renforcement de la formation des enseignants, la production de supports pédagogiques adaptés, une meilleure répartition du personnel éducatif et le renforcement des capacités des cadres chargés de l’encadrement scolaire.
Le suivi de l’application du bilinguisme dans les établissements devra également occuper une place importante afin d’éviter que la réforme ne reste limitée aux discours et aux textes administratifs.
Pour le ministre, la transformation de l’école ne saurait toutefois se résumer à la question linguistique. La qualité de l’éducation dépend également des conditions d’apprentissage et de travail.
L’amélioration de l’environnement scolaire, la sécurité des élèves, l’inclusion, la discipline et la gouvernance des établissements figurent ainsi parmi les priorités affichées pour la nouvelle année scolaire.
Les responsables d’établissements sont appelés à renforcer la transparence dans leur gestion, à instaurer un climat propice aux apprentissages et à faire de la protection des élèves une responsabilité permanente.
La réussite de cette nouvelle étape reposera aussi sur l’implication de l’ensemble des acteurs. Enseignants, personnels d’encadrement, parents d’élèves, collectivités, partenaires sociaux et partenaires techniques et financiers sont invités à conjuguer leurs efforts.
Le ministère reconnaît notamment le rôle déterminant joué par les enseignants dans la continuité du service éducatif et entend poursuivre les efforts en matière de formation initiale et continue.
Aux établissements ayant enregistré de bons résultats, le ministre demande de maintenir le cap. Ceux confrontés à des difficultés sont, pour leur part, encouragés à améliorer leurs pratiques pédagogiques et leur mode de gestion.
MBAÏLEDE Trésor
