Le Parlement tchadien a officiellement mis fin, ce mercredi au Palais de la Démocratie de Gassi, aux travaux de sa première session ordinaire de l’année 2026. Une cérémonie solennelle présidée par le président du Congrès et de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, en présence de nombreuses autorités nationales, diplomatiques et institutionnelles.
Cette clôture intervient au terme de plusieurs jours d’intenses travaux parlementaires marqués par l’examen de dossiers jugés stratégiques pour la sécurité nationale et le fonctionnement des institutions républicaines.
Dès l’ouverture de son allocution, le président du Congrès a exprimé la solidarité de l’institution parlementaire envers les populations touchées par les récents affrontements intercommunautaires dans la sous-préfecture de Kim, dans la province du Mayo-Kebbi Est.
Condamnant avec fermeté ces violences meurtrières, Ali Kolotou Tchaïmi a adressé les condoléances du Parlement aux familles endeuillées et appelé le Gouvernement à identifier les responsables, à faire appliquer la loi et à mettre en œuvre des solutions durables afin de prévenir la répétition de tels drames. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes.
Parmi les principales décisions adoptées au cours de cette session figure la prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac, confrontée aux menaces persistantes du groupe terroriste Boko Haram.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans cette région stratégique, le Congrès a autorisé l’extension de cette mesure exceptionnelle pour une durée de trois mois. Selon les parlementaires, cette décision vise à renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité tout en assurant une meilleure protection des populations civiles.
Le Parlement a par ailleurs réaffirmé son soutien aux Forces de Défense et de Sécurité engagées sur le terrain dans la lutte contre le terrorisme et la préservation de l’intégrité territoriale du pays.
L’autre temps fort de cette session a concerné la révision du règlement intérieur du Congrès. Une réforme rendue nécessaire par l’entrée en vigueur de la Constitution du 17 décembre 2023 et l’évolution du paysage institutionnel tchadien.
Pour mener à bien ce chantier, une commission spéciale mixte réunissant des membres de l’Assemblée nationale et du Sénat a été mise en place. Les travaux de cette commission ont abouti à l’élaboration d’un nouveau texte visant à harmoniser les procédures parlementaires avec les nouvelles dispositions constitutionnelles.
L’adoption de ce règlement actualisé est perçue comme une étape importante dans le renforcement de la gouvernance parlementaire et dans la consolidation de l’État de droit.
Au-delà des textes examinés, les responsables parlementaires ont salué l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des débats. Dans un contexte régional marqué par de nombreuses incertitudes sécuritaires et géopolitiques, les élus ont insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale et de privilégier le dialogue institutionnel.
Le président du Congrès a souligné que les réformes adoptées traduisent la volonté des institutions tchadiennes de poursuivre leur modernisation tout en consolidant les acquis démocratiques obtenus à l’issue de la transition politique.
La cérémonie a également été marquée par plusieurs hommages adressés aux acteurs ayant contribué au succès de cette session parlementaire. Une mention particulière a été faite au Premier ministre Allah-Maye Halina, récemment distingué pour son parcours diplomatique, ainsi qu’au président du Sénat, Dr Haroun Kabadi, salué pour son expérience et son engagement en faveur de la coopération entre les deux chambres du Parlement.
Les parlementaires, les fonctionnaires des institutions, les partenaires techniques et financiers, le corps diplomatique ainsi que les professionnels des médias ont également été félicités pour leur contribution au bon déroulement des travaux.
En déclarant clos les travaux de cette première session ordinaire du Congrès pour l’année 2026, Ali Kolotou Tchaïmi a rappelé que les décisions prises engagent durablement l’avenir institutionnel du pays.
La session s’achève ainsi sur un message de responsabilité, de cohésion et de confiance dans les institutions républicaines. Pour les autorités tchadiennes, les réformes adoptées constituent un levier supplémentaire pour renforcer la stabilité politique, améliorer la gouvernance publique et accompagner les ambitions de développement du pays.
À travers cette clôture solennelle, le Parlement tchadien entend réaffirmer son rôle central dans l’édification d’un État de droit fort, capable de répondre aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le Tchad demeure confronté.
MBAÏLEDE Trésor
