Réunis ce mardi au Palais de la Démocratie, députés et sénateurs ont adopté à une très large majorité le nouveau règlement intérieur du Congrès, un texte stratégique destiné à adapter le fonctionnement de l’institution aux réalités de la Constitution de 2023 et à la nouvelle architecture bicamérale du pays.
Présidée par le président du Congrès, Ali Kolotou Tchaïmi, en présence du président du Sénat, Dr Haroun Kabadi, la troisième séance plénière de la première session ordinaire a marqué une étape importante dans le processus de consolidation des institutions républicaines.
À l’issue de l’examen du rapport présenté par la Commission spéciale mixte paritaire chargée de la révision du texte, les parlementaires ont exprimé un soutien massif à la réforme. Le nouveau règlement intérieur a été adopté par 197 voix favorables, sans aucune opposition et avec seulement deux abstentions.
Ce résultat traduit un large consensus autour de la nécessité de moderniser les règles de fonctionnement du Congrès afin de répondre aux exigences de la nouvelle organisation institutionnelle du Tchad.
Fruit de plusieurs semaines de concertation entre représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat, le document adopté vise avant tout à harmoniser les procédures parlementaires avec les dispositions de la Constitution de 2023.
La réforme introduit plusieurs ajustements destinés à clarifier les mécanismes de délibération, à encadrer plus efficacement les sessions conjointes des deux chambres et à renforcer la cohérence des processus décisionnels. Elle établit également un cadre plus précis pour l’examen des textes législatifs et l’organisation des travaux du Congrès.
À travers cette actualisation, les autorités parlementaires entendent doter l’institution d’outils réglementaires adaptés aux défis d’un Parlement désormais bicaméral, tout en garantissant davantage de lisibilité et de sécurité juridique dans la conduite des procédures.
Au-delà de l’aspect technique, cette révision est perçue comme un signal fort en faveur du renforcement de la gouvernance parlementaire. En améliorant la coordination entre l’Assemblée nationale et le Sénat, le nouveau règlement intérieur ambitionne d’accroître l’efficacité du travail législatif et de fluidifier les interactions entre les deux chambres.
Dans un contexte de réformes institutionnelles profondes, le Parlement tchadien affiche ainsi sa volonté de consolider les fondements de l’État de droit et de renforcer la crédibilité de ses mécanismes de décision.
L’adoption de ce règlement intérieur rénové constitue l’un des premiers grands chantiers institutionnels menés conjointement par les deux chambres depuis la mise en place du Parlement bicaméral. Elle témoigne de la volonté des responsables parlementaires de construire un cadre de travail plus moderne, plus cohérent et davantage en phase avec les ambitions de gouvernance portées par la Ve République.
En se dotant de nouvelles règles de fonctionnement, le Congrès du Parlement tchadien franchit ainsi une étape décisive dans son évolution institutionnelle, avec pour objectif de mieux répondre aux enjeux nationaux et d’assurer une prise de décision plus efficace sur les grandes questions qui engagent l’avenir du pays.
MBAÏLEDE Trésor
