Dans la salle plénière baignée d’une tension contenue, le Congrès réuni en session extraordinaire a choisi, ce 25 mai 2026, de renouveler l’état d’urgence dans la province du Lac Tchad pour trois mois supplémentaires. Le vote, spectaculaire par son unanimité, 237 voix pour, aucune abstention, aucune opposition, a scellé une décision qui résonne comme une affirmation solennelle de la priorité nationale : sécuriser ce territoire stratégique où la menace ne faiblit pas.
Sous la présidence de Ali Kolotou Tchaïmi, la séance s’est ouverte dans une atmosphère où la gravité le disputait à la détermination. À ses côtés, le président du Sénat Dr Haroun Kabadi, le vice-Premier ministre Limane et plusieurs membres du gouvernement ont rappelé, par leur présence, le caractère exceptionnel d’un moment politique où les institutions se font rempart face à l’insécurité persistante. Les interventions se sont succédé, dressant le tableau d’une région prise dans l’étau d’incursions armées, d’actions terroristes et de mouvements transfrontaliers qui bousculent l’équilibre et la stabilité de l’ensemble du bassin.
L’unanimité obtenue n’est pas qu’un chiffre, mais un symbole. Aucun élu ne s’est démarqué, aucun ne s’est abstenu : une cohésion rare qui traduit la conscience partagée d’une nécessité absolue. Pour les parlementaires, proroger l’état d’urgence revient à donner souffle et légitimité aux forces déployées sur le terrain, à consolider les opérations militaires engagées, à protéger les corridors stratégiques et à renforcer la résilience des communautés dont la vie quotidienne est rythmée par l’incertitude. Ce vote massif apparaît ainsi comme une main tendue aux soldats, gendarmes et agents mobilisés : celle d’un soutien total des institutions.
La prolongation du dispositif permettra de maintenir les mesures dérogatoires jugées indispensables à la maîtrise de la situation. Les forces de défense et de sécurité verront leurs capacités d’action renforcées, les réquisitions rendues plus souples, les contrôles de déplacements désormais resserrés, tandis que la coordination entre l’exécutif et les autorités administratives locales gagnera en efficacité. Autant de leviers qui, combinés, doivent offrir une réponse plus agile aux menaces mouvantes qui frappent la région.
Mais au-delà des textes et des mécanismes juridiques, la décision porte un message politique limpide. Elle affirme la détermination de l’État à tenir debout face aux groupes armés qui tentent de déstabiliser la zone, et à préserver l’intégrité du pays contre toute forme de fragmentation. L’unité des 237 parlementaires n’est pas seulement un acte institutionnel : c’est un signal adressé à toute la nation, à ceux qui l’observent comme à ceux qui la menacent. Un signal de fermeté, de cohérence et de volonté collective.
Alors que le Tchad continue de faire face à une situation sécuritaire complexe, cette prorogation unanime se lit comme un serment renouvelé : celui de protéger les populations, de stabiliser durablement le bassin du Lac-Tchad et de soutenir sans faille les forces engagées.
MBAÏLEDE Trésor
