Sous la présidence de Samir Adam Annour, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a rendu mardi 30 janvier des décisions disciplinaires lourdes de sens, concernant huit magistrats impliqués dans des dossiers sensibles. Après plus de treize heures de débats intenses, l’instance a infligé des sanctions radicales, marquant un tournant dans la reddition de comptes au sein du système judiciaire tchadien.
La session avait pour unique objectif l’examen approfondi des poursuites engagées contre les magistrats, tous entendus en présence de leurs avocats.
Le verdict du CSM se veut clair et dissuasif :
- Quatre magistrats révoqués : Mahamat Saleh Brema, Kagonbe Moïse, Adam Mbodou Adam et Brahim Abbo Abakar. Malgré leur révocation, ils conservent leurs droits à la pension.
- Deux suspensions de six mois : Taoka Bruno et Issa Sougui Djimi sont temporairement écartés de leurs fonctions.
- Deux relaxes au bénéfice du doute : Oumar Ali Mahamat et Mahamat Ibrahim Issa échappent à toute sanction.
Cette série de décisions fait écho à une première vague de suspensions, survenue il y a près de deux mois, lorsque le ministre de la Justice avait suspendu six magistrats pour manquements à leurs devoirs.
Par cette démarche, le CSM envoie un signal fort à l’ensemble de la magistrature tchadienne : l’impunité n’a plus sa place. La justice, longtemps perçue comme un bastion inviolable, se montre désormais capable de s’auto-réguler avec rigueur et transparence.
Pour Samir Adam Annour et son équipe, cette session exemplaire est un tournant historique, démontrant que les magistrats sont soumis aux mêmes règles que les citoyens qu’ils jugent. Le pays observe désormais de près cette dynamique, qui pourrait transformer durablement la perception et le fonctionnement de la justice tchadienne.
La Rédaction



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