Le Cadre permanent de dialogue politique (CPDP), dirigé par Pahimi Padacké Albert, appelle à l’arrêt immédiat des hostilités dans le Tibesti. L’opposition plaide pour le respect de l’accord de paix du 20 avril 2025, une enquête indépendante sur les événements et une gestion plus équitable des ressources naturelles.
La montée des tensions à Miski, dans la province du Tibesti, suscite une vive réaction de l’opposition démocratique tchadienne. Dans un communiqué conjoint publié le 20 octobre 2026, les membres du Cadre permanent de dialogue politique (CPDP), sous la conduite du chef de file de l’opposition, Pahimi Padacké Albert, interpellent les autorités et les protagonistes de la crise sur l’urgence de mettre fin aux violences et de préserver les populations civiles.
Alors que des affrontements opposant la brigade minière aux groupes d’autodéfense locaux sont signalés dans cette partie septentrionale du pays, les responsables de l’opposition redoutent une aggravation de la situation sécuritaire. Les informations faisant état de morts et de blessés renforcent les inquiétudes autour d’une localité déjà éprouvée par des épisodes de confrontation armée.
Face à cette nouvelle flambée de tensions, le CPDP exhorte les différentes parties à faire preuve de retenue et à privilégier les voies pacifiques. Pour l’opposition, la protection des vies humaines doit primer sur toute autre considération, tandis que la responsabilité de l’État consiste avant tout à garantir la sécurité de tous les citoyens.
Au-delà des affrontements actuels, l’opposition remet au centre du débat l’accord de paix signé le 20 avril 2025 entre le gouvernement et le Comité d’autodéfense de Miski. Cet engagement devait ouvrir la voie à une désescalade durable et à un règlement négocié des différends qui opposent les acteurs concernés.
Pour les signataires du communiqué, le respect des engagements pris demeure une condition essentielle à la prévention d’un nouvel embrasement. Ils estiment que la résurgence des violences impose de réactiver les mécanismes de concertation plutôt que de laisser s’installer une logique d’affrontement.
Le CPDP met également en garde contre toute opération punitive collective, susceptible d’accentuer les souffrances des populations et d’exacerber les tensions communautaires. Il appelle à éviter les amalgames, les discours de haine et les initiatives susceptibles de fragiliser davantage la cohésion nationale.
Pour l’opposition, la crise de Miski ne saurait être réduite à un simple problème d’ordre public. Elle s’inscrit également dans un contexte de contestations autour de l’exploitation des ressources extractives et des revendications locales relatives à la justice sociale, à la transparence et à la participation des populations au développement de leur territoire.
Les signataires rappellent que les richesses naturelles appartiennent à l’ensemble de la Nation. Leur exploitation, soulignent-ils, doit s’effectuer dans le respect des lois, selon des règles transparentes et dans un esprit d’équité, avec une attention particulière portée aux zones qui les abritent.
Cette question de gouvernance apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour sortir durablement de l’impasse. L’opposition appelle à une concertation inclusive permettant d’examiner les différends liés aux ressources minières, de prendre en compte les préoccupations des communautés concernées et de rechercher des solutions acceptables pour toutes les parties.
Dans un contexte marqué par les interrogations entourant le déroulement des événements, le CPDP réclame des informations fiables, précises et accessibles au public. Il préconise la mise en place d’un mécanisme indépendant de vérification des faits afin d’établir les responsabilités et de limiter la propagation des rumeurs.
Pour les responsables de l’opposition, l’absence de données vérifiées peut favoriser la désinformation, alimenter les suspicions et aggraver les tensions entre les communautés. La transparence apparaît donc comme un préalable indispensable à l’apaisement et au rétablissement de la confiance.
Le cadre politique souhaite également être associé aux efforts de médiation. Il invite les autorités à mobiliser les mécanismes de dialogue existants afin de rapprocher les positions, d’éviter une nouvelle détérioration de la situation et de construire une réponse politique à la crise.
À travers cet appel, l’opposition démocratique tchadienne défend une approche fondée sur le dialogue, la justice et la responsabilité publique. Elle considère qu’une réponse exclusivement sécuritaire ne saurait régler les causes profondes des tensions, encore moins garantir une stabilité durable dans le Tibesti.
Son message est sans équivoque : les hostilités doivent cesser, les civils doivent être protégés et les engagements de paix doivent être respectés. Elle appelle, en conséquence, à l’ouverture rapide d’une concertation réunissant les acteurs concernés, parallèlement à l’établissement indépendant des faits.
En réaffirmant son attachement à la dignité humaine, à l’intégrité territoriale du Tchad et à la cohésion nationale, le CPDP exhorte également les citoyens à préserver le calme et à rejeter toute forme de haine ethnique.
À Miski, l’urgence est désormais de prévenir une nouvelle spirale de violences. Mais pour transformer l’accalmie recherchée en paix durable, le règlement des différends sécuritaires devra s’accompagner d’un dialogue politique sincère et d’une réponse crédible aux revendications liées à la gouvernance des ressources naturelles.
MBAÏLEDE Trésor
