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Tchad : le CPDP salue la grâce présidentielle et appelle à accélérer la décrispation politique

Au Tchad, le geste présidentiel du 14 août continue de produire des réactions dans la classe politique. Dans un communiqué rendu public le 17 août, la Coordination du Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP), sous la signature de son chef de file, Pahimi Padacké Albert, salue la grâce accordée par le chef de l’État à plusieurs détenus, parmi lesquels neuf responsables politiques.

Présentée comme un acte à portée humanitaire et politique, cette mesure est perçue par le CPDP comme une occasion de consolider l’accalmie engagée dans le paysage politique tchadien. La Coordination dit prendre acte du décret présidentiel et voit dans cette décision un signal susceptible de contribuer à réduire davantage les tensions et à favoriser un climat de dialogue.

Dans son communiqué, Pahimi Padacké Albert félicite le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, pour cette initiative qu’il qualifie d’empreinte d’humanisme et de patriotisme. Le CPDP encourage surtout le chef de l’État à poursuivre sur cette voie, en renforçant les mécanismes favorables à l’ouverture politique et à la cohésion sociale.

Au-delà de la libération des personnes concernées par la grâce, le message du CPDP porte ainsi sur la nécessité de transformer ce geste en une dynamique politique durable. Pour la Coordination, l’apaisement ne saurait se limiter à une décision ponctuelle : il doit s’inscrire dans un processus plus large visant à restaurer la confiance entre les différents acteurs de la vie publique.

Autre point fort du communiqué : l’appel adressé aux formations politiques qui n’ont pas encore rejoint le Protocole d’Accord du 13 mai 2025, consacré par le décret du 2 juin 2025.

Le CPDP invite ces partis à franchir le pas et à intégrer ce cadre de dialogue. Une démarche qui traduit, selon la Coordination, la volonté de faire du dialogue politique un espace suffisamment large pour accueillir les différentes sensibilités du pays.

L’enjeu dépasse donc les rapports entre majorité et opposition. Il s’agit, à travers ce mécanisme, de créer les conditions d’un débat politique moins conflictuel, davantage fondé sur l’écoute, la concertation et la recherche de compromis.

À travers cette prise de position, le CPDP défend une conception du dialogue politique comme instrument de stabilisation nationale. La participation de toutes les sensibilités politiques est présentée comme un facteur déterminant pour consolider la sérénité du débat public et favoriser l’émergence d’une démocratie apaisée et inclusive.

La Coordination assure d’ailleurs rester disponible pour accompagner les formations politiques qui souhaiteraient rejoindre le processus.

La grâce présidentielle du 14 août apparaît ainsi, dans la lecture du CPDP, comme une nouvelle fenêtre d’opportunité. Reste désormais à savoir si ce geste pourra être prolongé par d’autres initiatives capables de renforcer durablement la confiance entre les acteurs politiques.

Dans un contexte où la stabilité institutionnelle demeure étroitement liée à la qualité du dialogue national, l’appel de Pahimi Padacké Albert place désormais la balle dans le camp de l’ensemble de la classe politique : transformer l’apaisement annoncé en une pratique durable du dialogue et de l’inclusion.

MBAÏLEDE Trésor

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