Le Tchad entend franchir un cap décisif dans sa transformation économique. À travers un ambitieux programme de réformes destinées à améliorer durablement le climat des affaires, le gouvernement affiche sa volonté de renforcer l’attractivité du pays et de créer les conditions d’une croissance portée par le secteur privé.
C’est à l’Hôtel de l’Amitié de N’Djamena que s’est ouvert, ce jeudi, l’Atelier national consacré à l’élaboration de la matrice des réformes du climat des affaires. Cette rencontre stratégique a réuni les principaux responsables gouvernementaux, les partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants du secteur privé autour d’un objectif commun : lever les obstacles qui freinent encore l’investissement et bâtir un environnement économique plus compétitif.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Ministre d’État, Ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, a donné le ton. Pour lui, l’amélioration du climat des affaires ne relève plus d’une simple ambition institutionnelle, mais constitue désormais un impératif économique pour attirer les capitaux, stimuler l’entrepreneuriat national et générer des emplois durables.
Devant une assistance composée notamment du Ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, de la Secrétaire d’État à la Justice, Aminatou Bello, du Secrétaire d’État aux Finances et au Budget, Ali Djadda Kampard, ainsi que de nombreux opérateurs économiques, le ministre a insisté sur la nécessité de transformer les réformes en résultats concrets pour les entreprises.
Le gouvernement a identifié cinq axes prioritaires qui doivent servir de socle à cette nouvelle dynamique économique : la digitalisation des services publics, le développement des infrastructures économiques, l’amélioration de l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises, le renforcement de la sécurité juridique des investissements et l’instauration d’un dialogue permanent entre les pouvoirs publics et le secteur privé.
Cette stratégie vise à réduire les lourdeurs administratives, accroître la transparence des procédures et renforcer la confiance des investisseurs, dans un contexte où la concurrence entre économies africaines pour attirer les capitaux devient de plus en plus intense.
Au cours de son intervention, Tahir Hamid Nguilin a également mis en avant les premiers résultats du Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 », présenté comme le principal levier de modernisation économique du pays.
Parmi les signaux jugés encourageants figure l’annonce de l’installation de quatre nouvelles banques d’ici la fin de l’année. Une évolution qui, selon le gouvernement, traduit la confiance croissante des investisseurs dans le potentiel économique du Tchad et dans la crédibilité des réformes engagées.
L’arrivée de nouveaux établissements financiers devrait également favoriser une meilleure inclusion financière, renforcer l’offre de crédit aux entreprises et soutenir davantage les initiatives entrepreneuriales.
Au-delà des déclarations d’intention, l’atelier ouvre une phase technique essentielle. Les travaux doivent aboutir à l’élaboration d’une matrice nationale des réformes intégrant des objectifs précis, un calendrier d’exécution, des responsabilités clairement définies ainsi qu’un mécanisme de suivi-évaluation destiné à mesurer les progrès accomplis.
Cette approche se veut pragmatique. Elle ambitionne d’assurer une mise en œuvre effective des réformes plutôt que leur simple adoption sur le papier, tout en garantissant une meilleure coordination entre les administrations concernées.
En clôturant son allocution d’ouverture, le Ministre d’État a appelé les participants à privilégier la concertation et le réalisme afin de proposer des mesures capables de répondre aux attentes des investisseurs sans perdre de vue les priorités du développement national.
À travers cette initiative, le gouvernement tchadien confirme sa volonté de repositionner le secteur privé au cœur de la stratégie de développement économique. L’amélioration du climat des affaires apparaît désormais comme l’un des principaux leviers pour diversifier l’économie, renforcer la compétitivité du pays et attirer davantage d’investissements productifs.
Si les réformes annoncées se traduisent effectivement par des changements perceptibles pour les entreprises, le Tchad pourrait progressivement consolider son image auprès des investisseurs régionaux et internationaux et s’imposer comme un acteur économique plus attractif au sein de l’Afrique centrale.
La Rédaction
