Le discours était attendu, le message fut sans ambiguïté. Ce lundi 16 mars 2026, le Premier ministre, Allah Maye Halina, a présenté devant les sénateurs un état des lieux précis et une feuille de route structurée pour raffermir la cohésion nationale, enjeu majeur pour la stabilité du Tchad. Face au Sénat du Tchad, le Chef du Gouvernement a détaillé non seulement les actions engagées, mais aussi celles qui seront intensifiées pour préserver le vivre-ensemble dans un contexte marqué par des tensions communautaires, la prolifération des armes et l’influence des réseaux sociaux. Dès l’ouverture, il a rappelé que la cohésion nationale n’est pas une simple politique publique, mais « la condition de la paix, du développement et de l’avenir du pays ».
Au cœur de son exposé, le Premier ministre a inscrit l’ensemble des initiatives gouvernementales dans la stratégie nationale de cohésion sociale 2024-2029, véritable socle destiné à bâtir un Tchad uni et stable, reposant sur le dialogue, l’État de droit et la paix sociale. Cette stratégie structure les réponses immédiates et les réformes de fond déployées depuis 2025.
Parmi les priorités, la prévention des conflits occupe une place centrale. Le gouvernement a lancé des assises nationales consacrées aux conflits communautaires afin d’identifier les foyers de tension. Il a également mis en place des mécanismes d’alerte précoce pour détecter et désamorcer les crises avant qu’elles ne dégénèrent, accompagnés de vastes campagnes de sensibilisation au vivre-ensemble, notamment auprès des jeunes et des leaders communautaires.
Les conflits entre agriculteurs et éleveurs, parmi les plus sensibles du pays, font l’objet d’un traitement renforcé. L’exécutif a engagé la sécurisation des couloirs de transhumance, la création de comités locaux de médiation associant autorités administratives et chefferies traditionnelles, ainsi que des programmes dédiés à la coexistence pacifique. Autant d’actions destinées, selon le Premier ministre, « à réduire durablement les violences et rétablir la confiance ».
Le renforcement des forces de défense et de sécurité constitue un autre axe majeur. Le gouvernement a fourni de nouveaux moyens matériels, dont 97 véhicules pour la GNNT, 176 véhicules pour la Gendarmerie nationale du Tchad, ainsi que 400 motos destinées à améliorer la mobilité dans les zones les plus enclavées. Ces équipements visent à assurer une présence étatique plus régulière sur l’ensemble du territoire.
La lutte contre la prolifération des armes reste un front prioritaire. Entre 2025 et 2026, 3 889 armes ont été saisies, tandis que des commissions de désarmement opèrent désormais dans les 23 provinces, avec un contrôle des frontières renforcé. « Moins d’armes, c’est plus de sécurité pour les populations », a insisté le Premier ministre.
Le gouvernement mise également sur le dialogue comme levier essentiel du vivre-ensemble. Les chefferies traditionnelles, les leaders religieux et la Médiature de la République sont mobilisés pour coordonner et apaiser les tensions locales. Le Premier ministre a rappelé que « le dialogue reste la meilleure voie pour prévenir les tensions ».
Face à la montée des discours de haine et de la désinformation sur les réseaux sociaux, l’exécutif a intensifié les campagnes de sensibilisation, renforcé les dispositifs de veille numérique et engagé une réforme de l’ANSICE, afin de mieux protéger l’unité nationale contre les manipulations en ligne.
À travers cet ensemble de mesures, le gouvernement réaffirme sa volonté de replacer la cohésion nationale au cœur de l’action publique. En exposant ces avancées devant le Sénat, le Chef du Gouvernement a voulu démontrer que la stabilité sociale n’est ni un slogan ni une abstraction, mais une priorité assortie d’engagements concrets. Son message, clair et déterminé, résonne comme un appel : le Tchad ne peut se construire que dans l’unité, la confiance et la paix.
MBAÏLEDE Trésor



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