Le Tchad passe à la vitesse supérieure dans la conquête de son patrimoine géologique. En lançant officiellement la deuxième phase des levés géophysiques aéroportées de l’Inventaire minier national, le gouvernement engage une nouvelle offensive scientifique destinée à révéler les ressources enfouies dans le sous-sol du pays et à faire du secteur minier un futur pilier de la diversification économique.
La cérémonie de lancement, organisée ce lundi 27 juillet 2026 à l’aéroport international Hassan Djamous, marque une étape décisive dans la politique nationale de valorisation des ressources minérales. Présidée par la ministre du Pétrole, des Mines et de la Géologie, Fatimé Haram Acyl, elle a réuni plusieurs membres du gouvernement, les responsables de la Société Nationale d’Exploitation Minière et de Commercialisation (SONEMIC), des autorités militaires ainsi que les partenaires techniques russes mobilisés sur ce vaste chantier.
Pendant plusieurs mois, des aéronefs dotés d’équipements géophysiques de dernière génération survoleront successivement le sud, le centre et le nord du Tchad afin de recueillir des données d’une grande précision sur les structures géologiques profondes.
L’objectif dépasse largement la simple collecte d’informations. Il s’agit de produire une cartographie moderne du sous-sol national, capable de localiser avec davantage de fiabilité les zones susceptibles de renfermer des gisements de métaux précieux, de métaux stratégiques, de terres rares, de minéraux industriels ou encore de pierres précieuses, autant de ressources devenues essentielles pour les industries de pointe et la transition énergétique mondiale.
Cette approche scientifique doit permettre au Tchad de disposer d’un outil d’aide à la décision pour orienter les futures campagnes de prospection, sécuriser les investissements et optimiser l’exploitation de ses ressources naturelles.
Au cœur de cette ambition figure la SONEMIC, chargée de piloter cette opération stratégique.
Son Directeur général, le Général de division Abdelkerim Charfadine, a souligné que cette deuxième phase s’inscrit dans la vision du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, qui fait du développement des secteurs minier et énergétique l’un des axes majeurs de la transformation économique du pays.
Selon lui, les premiers résultats obtenus lors de la phase initiale ont permis de jeter les bases d’une meilleure connaissance géologique du territoire. La nouvelle campagne viendra enrichir cette base de données nationale afin de renforcer la planification minière et de faciliter l’identification des futurs projets d’exploitation.
Le responsable de la SONEMIC a également salué la mobilisation des équipes techniques et la qualité du partenariat scientifique établi avec les spécialistes russes.
Le programme bénéficie de l’expertise de la société russe Zaroubejguéologuia, engagée dans le cadre d’un contrat signé en 2024 portant sur près de 371 200 kilomètres carrés répartis sur les principales provinces géologiques du pays.
Le représentant de l’entreprise a rappelé que le projet ne se limite pas aux levés aéroportés. Il comprend également des investigations géologiques au sol, des analyses de laboratoire et un important dispositif de traitement des données destiné à fournir aux autorités tchadiennes une connaissance approfondie du potentiel minéral national.
Les responsables russes ont réaffirmé leur volonté de conduire les travaux conformément aux standards internationaux, tout en garantissant le transfert intégral des données scientifiques au bénéfice de l’État tchadien.
Pour la ministre Fatimé Haram Acyl, cette opération constitue un investissement stratégique dans la connaissance du territoire. Elle estime que l’absence de données géo scientifiques suffisamment précises a longtemps limité la valorisation des richesses du sous-sol tchadien.
Grâce aux informations qui seront collectées, le gouvernement entend disposer d’une base scientifique solide pour améliorer la gouvernance du secteur, attirer des investisseurs de référence et favoriser une exploitation plus rationnelle des ressources.
La ministre a également réaffirmé la volonté des autorités de transformer progressivement un secteur encore largement dominé par l’exploitation artisanale en une véritable industrie minière capable de générer davantage de valeur ajoutée, de créer des emplois qualifiés et de stimuler le développement des territoires.
À travers cette deuxième phase de l’Inventaire minier national, le Tchad affiche clairement son ambition d’ouvrir un nouveau chapitre de son développement économique. L’enjeu consiste à faire de la connaissance scientifique du sous-sol un levier de souveraineté et un moteur d’investissements dans un contexte où les minerais stratégiques occupent une place croissante dans l’économie mondiale.
Bien plus qu’une campagne d’exploration, cette opération traduit la volonté des autorités de préparer l’avenir en dotant le pays des outils nécessaires à une gestion durable de son patrimoine géologique. Si les résultats confirment les promesses du sous-sol tchadien, cette offensive géo scientifique pourrait constituer l’un des fondements d’une nouvelle dynamique économique, moins dépendante des hydrocarbures et davantage tournée vers les immenses potentialités minières du pays.
MBAÏLEDE Trésor
