Les autorités tchadiennes accentuent leur offensive contre les irrégularités dans les effectifs des Forces de sécurité intérieure (FSI). Dans une note officielle signée le 23 juillet 2026, le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, le Général Ali Ahmat Aghabache, ordonne un renforcement immédiat des conditions de versement des salaires des personnels de sécurité, en impliquant directement les établissements bancaires dans le dispositif de contrôle.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement de la réunion du 23 juin 2026 consacrée à l’organisation d’un vaste contrôle physique de l’ensemble des agents des Forces de sécurité intérieure. Prévue de juillet à septembre 2026, cette opération vise à vérifier la présence effective des personnels en service et à assainir les fichiers administratifs afin de mettre un terme aux anomalies recensées dans la gestion des effectifs.
Dans sa correspondance adressée aux directeurs généraux des banques, le ministre exige que tout paiement de salaire soit désormais subordonné à la présentation d’une autorisation écrite délivrée par les autorités hiérarchiques compétentes. Sans cette validation préalable, aucun agent ne pourra percevoir sa solde.
Le dispositif prévoit une répartition précise des responsabilités. Pour la Police nationale, les autorisations pourront être délivrées par le Secrétaire général du ministère, l’Inspecteur général, le Directeur général de la Police nationale ou le Directeur général des Renseignements et des Investigations. Pour la Gendarmerie nationale, cette prérogative revient exclusivement au Directeur général de la Gendarmerie. Quant aux éléments de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT), leur rémunération sera conditionnée à une autorisation du Commandant de la GNNT.
À travers cette nouvelle procédure, le gouvernement entend renforcer la fiabilité des fichiers de paie, identifier les agents effectivement en activité et mettre fin aux pratiques susceptibles d’alimenter les effectifs fictifs ou les paiements irréguliers. L’objectif affiché est de garantir une gestion plus transparente des ressources humaines et une utilisation plus rigoureuse des finances publiques.
Les établissements bancaires sont désormais placés au cœur de ce mécanisme de contrôle. Le ministère leur demande d’appliquer strictement les nouvelles dispositions et de suspendre tout paiement qui ne respecterait pas les conditions fixées par l’autorité ministérielle.
Cette mesure exceptionnelle restera en vigueur pendant toute la durée du contrôle physique des effectifs. Elle traduit la volonté des autorités de renforcer la discipline administrative au sein des Forces de sécurité intérieure, d’améliorer la gouvernance des institutions sécuritaires et d’assurer une meilleure maîtrise des dépenses de l’État. Au-delà de la simple vérification des effectifs, cette opération constitue une étape majeure dans la politique d’assainissement de l’administration publique engagée par les pouvoirs publics.
MBAÏLEDE Trésor
