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Tchad : Le Médiateur Saleh Kebzabo relance le dialogue avec les acteurs des processus de paix

Quatre ans après le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS), la Médiature de la République entend donner un nouvel élan au processus de paix et de réconciliation nationale. Ce vendredi 21 août 2026, le Médiateur de la République, l’Ambassadeur Saleh Kebzabo, a réuni à N’Djamena plusieurs composantes issues des différents processus de paix engagés au Tchad.

Autour de la table figuraient notamment les anciens mouvements politico-militaires signataires de l’Accord de Doha, des exilés politiques et activistes rentrés au pays avec l’appui de la Médiature, des représentants des mécontents de Mbaïbokoum, des signataires des Accords de Miski, ainsi que des non-signataires de l’Accord de Doha revenus au pays avec l’accompagnement de l’ex-ministère de la Réconciliation nationale.

L’objectif de cette rencontre était clair : dresser un état des lieux du processus de paix quatre ans après le DNIS, écouter les difficultés persistantes et recueillir des propositions susceptibles de consolider les acquis de la réconciliation nationale.

Dans son propos introductif, Saleh Kebzabo a salué la présence des différentes composantes et rappelé que la paix demeure une condition indispensable au développement du pays. Pour le Médiateur, les efforts engagés ces dernières années doivent désormais se traduire par une consolidation durable du vivre-ensemble et par une meilleure intégration des acteurs ayant participé aux différents processus de paix.

S’inscrivant dans la politique de la main tendue prônée par le Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République, le Médiateur a appelé les participants à franchir une nouvelle étape.

Il les a notamment exhortés à se départir progressivement du qualificatif « politico-militaire » pour privilégier une dynamique tournée vers la paix, la cohésion nationale et le développement.

Si les participants ont salué l’initiative de la Médiature, leurs interventions ont également mis en lumière les difficultés auxquelles restent confrontés plusieurs acteurs issus des processus de paix.

Conditions de vie, intégration sociale et accompagnement institutionnel figurent parmi les préoccupations exprimées. Mais c’est surtout la lenteur du processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) qui a retenu l’attention.

Les participants ont ainsi plaidé pour un accompagnement plus concret et plus efficace afin de permettre aux anciens acteurs des conflits de tourner définitivement la page de la confrontation armée et de s’inscrire pleinement dans la vie sociale et économique du pays.

Au-delà du constat, la rencontre a également fait émerger une volonté commune de maintenir le dialogue. Les différentes composantes ont réaffirmé leur disponibilité à contribuer à l’architecture de paix et au développement national.

Elles ont notamment proposé la création d’un cadre de réflexion regroupant les différentes composantes issues des processus de paix et de réconciliation. Cette structure pourrait être chargée d’identifier les difficultés persistantes, de formuler des propositions concrètes et de les soumettre, par l’intermédiaire du Médiateur de la République, au Chef de l’État.

Cette initiative pourrait ainsi constituer un nouvel espace de dialogue entre les acteurs concernés et les institutions, avec l’ambition de transformer les engagements politiques en réponses concrètes.

La rencontre de ce vendredi intervient dans un contexte où le défi n’est plus seulement de conclure des accords de paix, mais d’en assurer la mise en œuvre effective et de garantir leur traduction dans la vie quotidienne des populations et des acteurs concernés.

En renouant directement avec les différentes composantes, la Médiature de la République veut ainsi se positionner comme un espace d’écoute, de médiation et de rapprochement.

Le message porté par Saleh Kebzabo se veut en définitive une invitation à franchir un nouveau cap : passer de la logique des accords à celle de la consolidation de la paix, de la réintégration et du développement partagé. Pour les participants, l’enjeu est désormais de faire du dialogue un mécanisme permanent capable de prévenir les frustrations, de traiter les préoccupations et de préserver les acquis du processus de réconciliation nationale.

La Rédaction

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