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Tchad : le ministère de la Jeunesse mise sur le numérique pour mieux structurer l’action associative et sportive

Le département dirigé par Naïr Abakar a procédé, vendredi à N’Djamena, au lancement officiel de MJS CONNECT, une plateforme numérique appelée à redéfinir les rapports entre l’administration publique et les organisations qui œuvrent dans les domaines de la jeunesse et du sport.

Loin de se limiter à un simple outil informatique, cette nouvelle plateforme se veut un instrument de connaissance, d’organisation et de pilotage du secteur. Elle doit notamment permettre au ministère de mieux identifier les associations, fédérations, ONG, organisations de jeunesse, centres et maisons de jeunes, mais aussi de connaître leurs activités, leurs zones d’intervention et les résultats obtenus sur le terrain.

Avec MJS CONNECT, le ministère entend mettre fin à une gestion fondée sur des informations dispersées et parfois difficiles à actualiser. L’objectif est de disposer progressivement d’une cartographie plus précise des acteurs de la jeunesse et du sport à travers le pays.

Désormais, l’administration souhaite pouvoir répondre avec davantage de précision à des questions essentielles : quels sont les acteurs engagés ? Dans quelles provinces interviennent-ils ? Sur quelles problématiques travaillent-ils ? Quels publics ciblent-ils et quels résultats obtiennent-ils ?

Cette démarche traduit également une volonté de mieux prendre en compte la diversité des initiatives conduites en dehors de la capitale. Pour le ministère, la jeunesse tchadienne ne saurait être appréhendée uniquement à partir des activités développées à N’Djamena. La plateforme doit donc contribuer à donner davantage de visibilité aux projets portés dans les différentes provinces.

L’une des ambitions majeures de MJS CONNECT réside dans la gestion des demandes de financement. Le ministère souhaite instaurer une approche davantage fondée sur la qualité et la pertinence des projets que sur les sollicitations informelles.

Les dossiers seront ainsi examinés à partir de plusieurs paramètres : la qualité de l’initiative, son impact attendu, sa cohérence avec les priorités du département et les ressources budgétaires disponibles.

Cette orientation marque une volonté de rationaliser l’utilisation des ressources publiques et d’encourager les projets capables de produire des effets concrets auprès des jeunes et des communautés.

Le dispositif pourrait également contribuer à réduire la concentration des appuis dans la capitale, en donnant une meilleure visibilité aux initiatives développées dans les territoires.

Au-delà de la numérisation des démarches, MJS CONNECT porte une autre ambition : instaurer une nouvelle culture administrative autour de la traçabilité et de la planification.

Le ministre Naïr Abakar a insisté sur la nécessité de sortir progressivement des pratiques reposant sur des demandes de dernière minute ou des démarches non structurées. L’administration entend désormais privilégier des procédures plus lisibles, des critères mieux définis et un suivi plus rigoureux des dossiers.

La plateforme devrait ainsi offrir aux structures régulièrement constituées un espace numérique leur permettant de s’enregistrer, de présenter leurs activités et de faciliter leurs échanges avec le ministère.

MJS CONNECT ne devrait pas seulement servir à établir un fichier national des organisations. La plateforme ambitionne également d’introduire davantage de mesure et d’évaluation dans l’action associative et sportive.

À travers différents indicateurs, le ministère souhaite pouvoir apprécier les réalisations des structures enregistrées, repérer les initiatives les plus performantes et mieux identifier les compétences disponibles dans le pays.

L’enjeu est donc double : mieux connaître les acteurs pour mieux orienter l’action publique.

Cette évolution pourrait permettre au ministère de disposer, à terme, d’un véritable outil d’aide à la décision, notamment pour déterminer les secteurs prioritaires, les territoires nécessitant davantage d’accompagnement et les projets susceptibles de bénéficier d’un soutien.

Pour accompagner cette transition, une période de 30 jours a été accordée aux associations, ONG, organisations de jeunesse, fédérations, centres et maisons de jeunes afin de s’inscrire sur la plateforme et de mettre leurs dossiers en conformité.

Des sessions de formation à l’utilisation de l’outil sont également annoncées afin de permettre aux différents acteurs de s’approprier le nouveau système.

Le lancement de MJS CONNECT ouvre ainsi une nouvelle séquence pour le ministère de la Jeunesse et des Sports. Mais le véritable défi commence maintenant : transformer une plateforme numérique en outil réellement opérationnel, régulièrement alimenté et surtout utilisé pour orienter les décisions publiques.

Car derrière la technologie se joue une question essentielle : la capacité de l’État à mieux connaître, accompagner et valoriser les initiatives de sa jeunesse, partout sur le territoire national.

MBAÏLEDE Trésor

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