Le silence n’aura duré qu’un temps. Invité sur les antennes de Office national des médias audiovisuels, le ministre de l’Éducation nationale, Aboubakar Assidick Tchoroma, a livré une mise au point musclée sur la paralysie du secteur éducatif. En ligne de mire : la grève menée par la section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad, les contestations autour du décret 2850 et la polémique sur les retenues opérées sur les salaires des enseignants grévistes dans la capitale N’Djamena.
Face aux interrogations qui alimentent les discussions dans les établissements et sur les réseaux sociaux, le ministre a tenu à dissiper ce qu’il qualifie de malentendus persistants. Le décret 2850, pilier des revendications actuelles, ne souffrirait d’aucune ambiguïté.
Selon lui, plusieurs indemnités prévues par ce texte, logement, craies et autres avantages sont déjà effectives pour les enseignants.
« Ce que certains ignorent, c’est que ces indemnités sont bel et bien versées. La demande constatée aujourd’hui concerne plutôt une revalorisation », a-t-il précisé, balayant l’idée d’une non-application du fameux décret.
Le volet le plus explosif du bras de fer concerne les retenues de salaire infligées aux enseignants mobilisés. Sur ce point, le ministre se veut catégorique : l’administration n’a pas dérogé au cadre légal.
« Les jours non travaillés ne sont pas rémunérés. C’est une règle administrative, et le gouvernement n’a fait que l’appliquer », a-t-il insisté, rappelant que cette pratique n’a rien d’inhabituel dans la fonction publique.
Alors que des rumeurs évoquaient un blocage des paiements à l’échelle nationale, le ministre a tenu à rétablir les faits. La quasi-totalité des enseignants du Tchad ont déjà touché leur paie mensuelle.
Les seuls encore en attente se trouvent dans la capitale :
« Tous les enseignants ont reçu leur salaire, sauf ceux de N’Djamena directement impliqués dans le mouvement. Ils percevront leur salaire à la fin du mois de mars », a-t-il assuré.
Dans un climat scolaire déjà fragilisé, le ministre exhorte les partenaires sociaux à privilégier la voie du dialogue. Il rappelle que ce sont avant tout les élèves qui paient le prix fort de la suspension prolongée des cours.
Le gouvernement affirme rester ouvert aux négociations, avec l’objectif affiché d’éviter un nouveau déraillement du calendrier scolaire, déjà mis à rude épreuve ces dernières années.
La Rédaction
