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Tchad : Le Premier ministre reçoit une délégation de la Commission africaine des droits de l’Homme, un appel urgent face à la crise soudanaise

Alors que la crise soudanaise atteint un niveau de violence jamais égalé et provoque un exode massif vers le territoire tchadien, le Premier ministre et Chef du Gouvernement, Ambassadeur Allah-Maye Halina, a reçu ce vendredi une délégation de haut niveau de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), conduite par son Vice-président, Hatem Essaiem.


Au cœur de cette rencontre : l’urgence humanitaire qui ravage l’Est du Tchad, notamment la ville frontalière d’Adré, devenue l’épicentre d’une détresse humaine sans précédent.

Depuis plusieurs mois, les violences au Soudan provoquent une fuite désespérée de populations civiles. À Adré, les arrivées se comptent désormais par milliers chaque semaine. La ville, déjà fragile, a basculé dans une logique de survie : pénurie d’eau, manque d’abris, surpopulation dramatique et risques sanitaires croissants.

Les infrastructures locales, débordées, n’arrivent plus à absorber le flux continu des réfugiés. Les ressources s’amenuisent, les camps sont saturés et la pression sur les communautés hôtes devient explosive.

Face à cette situation critique, la délégation de la CADHP a tiré la sonnette d’alarme.
« La situation exige un soutien immédiat, coordonné et renforcé », a martelé M. Essaiem, déplorant l’écart grandissant entre les besoins sur le terrain et les moyens disponibles.

La Commission salue la solidarité du Tchad, qualifiée d’« exemplaire », mais rappelle que le pays ne peut supporter seul un tel choc humanitaire. ONG internationales, partenaires bilatéraux, institutions régionales : tous sont appelés à intensifier de manière urgente leurs interventions.
Selon la CADHP, les besoins dépassent désormais très largement les capacités nationales.

En réponse, le Premier ministre Allah-Maye Halina a réaffirmé la résilience du gouvernement tchadien.
« Nous n’abandonnerons pas ceux qui cherchent refuge sur notre sol. Mais nous avons besoin d’un soutien accru pour répondre aux défis qui s’intensifient chaque jour », a-t-il insisté.

Il a également souligné l’importance de la coordination régionale, saluant la présence de la CADHP et réaffirmant l’engagement du Tchad à travailler en synergie avec les organisations africaines et internationales.

Cette rencontre constitue un tournant dans la prise de conscience continentale. L’Union africaine, via la CADHP, suit de près l’évolution d’une crise dont les impacts dépassent largement les frontières soudanaises.

Les risques de déstabilisation régionale, la pression migratoire persistante et la fragilité des zones frontalières sont désormais au centre des préoccupations africaines. Pour les acteurs humanitaires, l’heure n’est plus à la gestion de l’urgence mais à la mise en place d’un soutien international massif, durable et structuré.

À Adré, les témoignages se multiplient : familles traumatisées, enfants non accompagnés, blessés sans soins, manque de nourriture, risques épidémiques… Les chiffres grossissent, et avec eux, la détresse.

Le message adressé aujourd’hui par la CADHP et le gouvernement tchadien résonne comme un avertissement : sans intervention internationale immédiate, la crise pourrait atteindre un point de non-retour.

La Rédaction

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