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Tchad : Miski devant la justice, quatre personnes poursuivies pour atteinte à la sûreté de l’État

Le parquet de N’Djaména a annoncé, le 21 octobre 2026, des poursuites contre quatre personnes interpellées dans le cadre des affrontements à Miski, dans la province du Tibesti. Cette procédure intervient dans un contexte de durcissement de la réponse judiciaire, marqué également par l’émission de mandats d’arrêt internationaux visant trois responsables présumés d’une milice armée.

Le dossier de Miski franchit un nouveau cap judiciaire. À mesure que les tensions sécuritaires persistent dans cette localité du Tibesti, les autorités judiciaires tchadiennes engagent des procédures contre plusieurs personnes soupçonnées d’être impliquées dans les violences. Dernière annonce en date : quatre individus arrêtés dans le cadre des affrontements sont poursuivis pour des infractions susceptibles d’engager leur responsabilité pénale.

Dans une déclaration faite le 21 octobre 2026, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de N’Djaména, Moussa Abdelkerim Saleh, a indiqué que les mis en cause font l’objet de poursuites pour « atteinte à la sûreté de l’État, trouble à l’ordre public et association de malfaiteurs ».

Selon le magistrat, les personnes interpellées auraient été trouvées en possession d’armes à feu qui auraient servi à attaquer des positions de l’État. Des faits allégués qui, s’ils sont établis devant la juridiction compétente, pourraient donner une dimension pénale majeure à cette affaire.

Les infractions annoncées par le parquet touchent à plusieurs intérêts juridiquement protégés : la sécurité de l’État, la tranquillité publique et la prévention des actions concertées à caractère criminel.

L’atteinte à la sûreté de l’État renvoie à des actes susceptibles de menacer les institutions ou les intérêts fondamentaux de la nation, selon la qualification retenue par les autorités de poursuite. Le trouble à l’ordre public concerne, quant à lui, des comportements susceptibles de compromettre la paix et la sécurité collectives. L’association de malfaiteurs vise, sous réserve des éléments constitutifs prévus par la loi applicable, une entente entre plusieurs personnes en vue de préparer ou de commettre des infractions.

La réunion de ces qualifications témoigne de la gravité des faits que le parquet entend soumettre à l’examen de la justice. Toutefois, leur seule notification ne vaut ni preuve définitive de culpabilité ni condamnation. Il appartient à l’instruction, lorsqu’elle est requise, et à la juridiction de jugement d’établir les faits, d’apprécier les éléments de preuve et de déterminer les responsabilités individuelles.

« Nul n’est au-dessus de la loi et les prévenus répondront de leurs actes devant la justice », a déclaré le procureur de la République, réaffirmant ainsi la volonté du ministère public de donner une suite judiciaire aux événements survenus à Miski.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large. Selon les informations communiquées dans le cadre de cette affaire, le Parquet général près la Cour d’appel d’Abéché aurait émis, le 14 octobre 2026, trois mandats d’arrêt internationaux visant Djimet Chaha, présenté comme le président d’une milice armée, Rozi Losso, présenté comme son vice-président, et Abdelkérim Kallabo, présenté comme son conseiller.

Les trois personnes sont citées dans une procédure portant notamment sur des faits qualifiés d’assassinat, d’atteinte à l’intégrité de l’État et d’association de malfaiteurs. Les références juridiques mentionnées dans les documents évoqués sont les articles 307, 86 et 181 du Code pénal.

Ces mandats traduiraient la volonté des autorités judiciaires de rechercher les personnes concernées et de les présenter devant la juridiction compétente. Leur portée effective, les modalités d’exécution et les éventuelles procédures de coopération internationale doivent néanmoins être appréciées au regard des textes applicables et des documents judiciaires authentifiés.

À ce stade, les accusations visant les trois responsables présumés doivent être distinguées des poursuites annoncées contre les quatre personnes arrêtées. Les deux volets participent du même contexte sécuritaire, mais rien ne permet, sur la seule base des informations disponibles, de conclure à une identité complète des faits reprochés ou des responsabilités individuelles.

L’évolution de ce dossier marque un déplacement du traitement institutionnel de la crise de Miski vers le terrain judiciaire. Après les démarches politiques et les tentatives de règlement par le dialogue, les autorités entendent désormais faire examiner les faits susceptibles de constituer des infractions pénales.

Cette orientation pose une question centrale : comment rétablir l’autorité publique dans une zone confrontée à des affrontements tout en garantissant le respect des règles de procédure et des droits fondamentaux ?

La réponse ne peut se limiter à la seule sévérité des qualifications pénales. Elle dépend également de la régularité des interpellations, de la légalité des poursuites, de la qualité des éléments de preuve et de l’indépendance de l’examen judiciaire. La coopération entre les institutions compétentes et le respect des garanties accordées aux personnes poursuivies constituent des exigences essentielles pour assurer la crédibilité de la procédure.

Si les annonces du parquet témoignent d’une volonté de judiciariser les violences de Miski, elles ouvrent aussi une phase durant laquelle les responsabilités devront être établies selon les règles du droit.

Les quatre personnes poursuivies demeurent présumées innocentes tant qu’une décision de condamnation n’a pas été prononcée dans les conditions prévues par la loi. Il en va de même pour les trois responsables visés par les mandats d’arrêt, dont la situation judiciaire ne saurait être assimilée à une culpabilité définitivement établie.

Au-delà des arrestations et des mandats annoncés, l’enjeu sera donc de déterminer précisément les circonstances des affrontements, d’identifier les auteurs des infractions éventuellement commises et de garantir une réponse judiciaire fondée sur des preuves.

À Miski, la crise sécuritaire entre ainsi dans une phase où la justice est appelée à jouer un rôle déterminant. L’issue de cette procédure dépendra de la capacité des institutions judiciaires à établir les faits, à individualiser les responsabilités et à faire appliquer la loi dans le respect des garanties fondamentales.

MBAÏLEDE Trésor

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