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Tchad : Pahimi Padacké Albert dénonce une “dérive autoritaire” et alerte sur le risque d’instabilité

Dans un contexte politique de plus en plus tendu au Tchad, la voix de Pahimi Padacké Albert s’élève avec fermeté. Le président du RNDT-Le Réveil et actuel sénateur n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’interdiction faite aux partis membres du GCAP de manifester pacifiquement le 2 mai 2026. Une décision qu’il qualifie de grave dérive autoritaire.

Selon lui, cette interdiction s’inscrit dans une logique inquiétante de verrouillage de l’espace public. « Nous dénonçons avec force l’interdiction des manifestations pacifiques », martèle-t-il, pointant du doigt une politique systématique de restriction des libertés fondamentales. Pour l’ancien Premier ministre, la fermeture des voies d’expression pacifique et la répression des voix dissidentes traduisent « la nature monolithique d’un pouvoir porté par la terreur ».

Au-delà de la simple interdiction, Pahimi Padacké Albert met en garde contre les conséquences historiques de telles pratiques. Il rappelle que l’étouffement des libertés publiques a, dans le passé, favorisé l’émergence de rébellions armées. « L’histoire nous enseigne que les régimes qui bâillonnent les libertés finissent par porter une lourde responsabilité dans la montée des violences », souligne-t-il. Une mise en garde lourde de sens dans un pays marqué par des décennies d’instabilité.

Le sénateur dénonce également ce qu’il considère comme une instrumentalisation du pouvoir judiciaire. À ses yeux, l’usage des institutions judiciaires pour justifier la répression constitue « une honte institutionnelle » et fragilise davantage l’État de droit.

Face à cette situation, il lance un appel pressant aux autorités. Parmi ses revendications : la réouverture immédiate de l’espace politique et civique, l’autorisation de la marche des partis du GCAP, la libération des prisonniers d’opinion, et l’engagement d’un dialogue politique inclusif. Pour lui, ces mesures sont indispensables pour apaiser un climat national profondément fracturé.

Car, insiste-t-il, le Tchad traverse aujourd’hui une crise multidimensionnelle. Les divisions ne sont plus seulement politiques, mais aussi géographiques, religieuses et ethniques. « Il faut ressouder ce pays », affirme-t-il, appelant à une refondation du vivre-ensemble.

En filigrane de cette déclaration, un message clair : la stabilité ne peut se construire sur la peur et la répression. « Le Tchad n’a pas besoin d’un pouvoir promoteur de la violence », conclut-il, posant ainsi les termes d’un débat crucial sur l’avenir démocratique du pays.

La Rédaction

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