Le Tchad vient de bénéficier d’un soutien financier décisif de 4 millions de dollars américains, alloués par le Fonds humanitaire régional, au profit de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cet appui vise à intensifier l’assistance d’urgence dans quatre provinces particulièrement touchées par l’insécurité et les déplacements forcés : l’Ouaddaï, le Wadi Fira, le Sila et la région du Lac.
Au total, 72 200 personnes, soit 12 200 ménages classés en phase 4 (Urgence) du Cadre Harmonisé, bénéficieront de cette intervention.
Grâce à cette nouvelle enveloppe, la FAO déploie une stratégie intégrée pour empêcher une détérioration brutale de la sécurité alimentaire. Le dispositif repose sur trois axes complémentaires : des transferts monétaires inconditionnels pour répondre immédiatement aux besoins alimentaires, la distribution de semences et d’outils afin de relancer la production maraîchère, et la fourniture d’aliments pour bétail pour préserver les cheptels, essentiels à l’économie pastorale.
« Face à l’insécurité alimentaire aiguë qui frappe les populations les plus vulnérables, agir rapidement est essentiel pour prévenir des pertes irréversibles de moyens d’existence », souligne Aristide Ongone Obame, Représentant de la FAO au Tchad. Selon lui, cette assistance permettra aux ménages agricoles et pastoraux de passer la période de soudure sans recourir à des stratégies extrêmes, comme la vente de semences ou de bétail.
Les derniers résultats du Cadre Harmonisé montrent que 3,3 millions de personnes au Tchad étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 ou plus) durant la période de soudure 2025, soit 20 % de la population analysée.
Les chocs climatiques répétés, les tensions locales et les déplacements prolongés affaiblissent continuellement les capacités de résilience des ménages ruraux. Les femmes et les enfants demeurent les plus exposés, notamment en matière de malnutrition.
Dans ce contexte, la FAO met à profit sa présence opérationnelle étendue et son expertise technique pour intervenir rapidement dans les zones difficiles d’accès. Ses actions s’appuient sur un suivi rigoureux de la situation et une analyse précise des besoins.
Le Fonds humanitaire régional, intégré au système mondial des Fonds communs basés sur les pays (CBPF) et géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), constitue l’un des instruments les plus flexibles pour financer des interventions d’urgence.
Il complète le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), permettant une réponse coordonnée, rapide et fondée sur les besoins dans des contextes de crise complexes et souvent sous-financés.
Au-delà de l’assistance immédiate, cette initiative contribue à consolider la résilience des communautés. En soutenant la production agricole locale, en protégeant le bétail et en garantissant l’accès à une alimentation minimale, elle réduit les risques d’aggravation de la faim aiguë dans un pays soumis à de multiples pressions climatiques, sécuritaires et démographiques.
Dans un environnement où les crises se succèdent et se superposent, investir dans l’agriculture et les moyens d’existence demeure l’un des leviers les plus efficaces pour protéger durablement les populations vulnérables et prévenir de futures urgences humanitaires.
La Rédaction
