Une nouvelle affaire ravive le débat sur la liberté de la presse au Tchad. L’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) a révélé que Moussa Guedmbaye, Directeur de Publication du site d’information Nouvelles.td, a été convoqué au téléphone pour se présenter ce lundi 5 janvier 2026 au Commissariat central n°2 de N’Djamena. Cette convocation fait suite à une plainte déposée par le Commissariat de Sécurité publique n°17 (CSP 17).
À l’origine, un article publié par Nouvelles.td dénonçant des pratiques présumées d’extorsion de fonds impliquant un officier de police judiciaire du CSP 17, identifié sous le nom d’Honoré. L’enquête journalistique mettait en lumière « des dérives graves » qui, selon les sources du média, porteraient atteinte aux droits fondamentaux des citoyens.
Pour l’AMET, la procédure engagée contre son membre ne laisse guère de doute : il s’agit d’« une tentative d’intimidation visant à réduire au silence un journaliste qui n’a fait qu’informer dans l’intérêt public ». L’association rappelle que la liberté de la presse est protégée à la fois par la Constitution tchadienne et par les instruments internationaux ratifiés par le pays.
Dans son communiqué, l’Association des Médias en Ligne du Tchad pointe directement la responsabilité du Commissariat de Sécurité publique n°17 et appelle le ministre de la Sécurité publique à intervenir.
Le commissaire du CSP 17, M. Mahmoud Abakoura, est accusé d’adopter des pratiques « qui sapent la confiance des citoyens et ternissent l’image des forces de sécurité ».
L’AMET insiste : au lieu de s’en prendre à la presse, les institutions devraient s’attaquer aux comportements abusifs qui nuisent à la crédibilité de l’État.
Face à ce qu’elle qualifie de « dérive dangereuse », l’AMET lance un appel à la mobilisation générale.
Elle demande :
- Aux médias et aux journalistes : de faire bloc derrière leur confrère Moussa Guedmbaye et de défendre vigoureusement le droit d’informer sans craindre des représailles.
- Aux associations professionnelles : de condamner publiquement ces intimidations et d’exiger le respect strict du cadre légal.
- À la société civile et aux défenseurs des droits humains : de rejoindre la mobilisation pour protéger la liberté d’expression au Tchad.
L’Association des Médias en Ligne du Tchad rappelle avec fermeté qu’il est « inacceptable de tenter, par des moyens détournés, de réduire au silence les journalistes qui travaillent pour l’intérêt public ».
Cette affaire intervient dans un contexte où les organisations locales comme internationales alertent régulièrement sur les pressions subies par les acteurs des médias. La convocation de Moussa Guedmbaye pourrait ainsi devenir un symbole : celui d’un combat renouvelé pour une presse libre, capable d’enquêter sans être inquiétée.
Alors que l’heure tourne, l’opinion nationale et internationale reste attentive au déroulement de cette procédure et à la réaction des autorités. Pour l’AMET, l’enjeu dépasse le cas individuel d’un journaliste : c’est la survie même d’un espace public transparent et démocratique qui est en jeu.
La Rédaction
