Une nouvelle crise humanitaire se joue aux portes du Tchad. Depuis l’attaque meurtrière du 24 octobre à El Fasher, capitale du Darfour Nord, des milliers de civils soudanais ont fui les violences pour chercher refuge de l’autre côté de la frontière. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 7 648 personnes, regroupées en 2 767 familles, ont rejoint le territoire tchadien en seulement quelques jours.
Les nouveaux arrivants se concentrent principalement au niveau des postes frontaliers d’Oure Cassoni, Tiné et Adré. Ces zones, déjà éprouvées par des mouvements migratoires continus depuis le début du conflit au Soudan, peinent à absorber une pression supplémentaire.
À leur arrivée, les familles sont soumises à des opérations d’enregistrement, de triage sanitaire et d’orientation vers des espaces d’accueil. Mais les capacités d’hébergement restent limitées et les conditions d’installation, souvent précaires.
Au-delà de l’ampleur des flux, la situation des personnes déplacées inquiète particulièrement les humanitaires. Toujours selon les premières évaluations, environ 17 % des réfugiés ont des besoins spécifiques. Parmi eux : des enfants non accompagnés, des personnes âgées ou encore des personnes en situation de handicap, dont la fragilité s’accentue face au manque de soins, à la fatigue du trajet et aux risques croissants de violences.
Déjà considéré comme l’un des pays les plus sollicités au monde en termes d’accueil de réfugiés rapporté à ses ressources, le Tchad tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. Les stocks alimentaires diminuent, les abris manquent et les structures de santé sont saturées. Dans un contexte de financements internationaux insuffisants, les organisations humanitaires alertent : sans appui renforcé, les capacités de réponse pourraient s’effondrer.
Pendant ce temps, la situation à El Fasher demeure instable. Les affrontements se poursuivent, laissant craindre de nouveaux déplacements massifs dans les semaines à venir. Les acteurs humanitaires redoutent que cette nouvelle vague de réfugiés ne soit qu’un prélude à une crise plus vaste, alors que la population civile continue de fuir un conflit dont l’issue demeure lointaine.
Face à l’urgence, les appels à la solidarité internationale se multiplient. Mais sur le terrain, les besoins augmentent plus vite que les réponses, plongeant la région dans une profonde incertitude.
La Rédaction



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