La décision du Tchad de se retirer du Statut de Rome continue de produire des réactions sur la scène internationale. Cette fois, c’est l’administration américaine qui apporte un soutien appuyé à ce choix, saluant ce qu’elle considère comme une affirmation de la souveraineté nationale face à une institution internationale jugée « défaillante ».
Dans un message officiel diffusé ce mardi, les États-Unis ont félicité les autorités tchadiennes pour leur décision de quitter la Cour pénale internationale (CPI), estimant que le pays rejoint ainsi « le nombre croissant de nations qui reconquièrent leur souveraineté ». Washington réaffirme, à travers cette prise de position, son opposition historique à la juridiction de la CPI sur les États souverains.
Les autorités américaines rappellent que les États-Unis n’ont jamais reconnu la compétence de la Cour pénale internationale sur leurs ressortissants et entendent maintenir cette ligne. Elles annoncent également le lancement d’une campagne diplomatique d’envergure visant à limiter ce qu’elles qualifient d’« ingérence illégitime » de la CPI dans les affaires des États.
S’appuyant sur une déclaration du secrétaire d’État Marco Rubio, Washington affirme qu’il ne remettra « jamais sa souveraineté entre les mains d’un tribunal mondial non responsable ». Les États-Unis invitent par ailleurs les autres pays membres de la CPI à suivre l’exemple du Tchad en dénonçant à leur tour le Statut de Rome.
Cette réaction américaine intervient quelques jours après l’annonce officielle du retrait tchadien, une décision présentée par N’Djamena comme un acte relevant de la souveraineté de l’État et de la volonté de renforcer la primauté des juridictions nationales dans le traitement des affaires judiciaires.
Le soutien affiché de Washington confère une nouvelle dimension diplomatique à cette décision. Il pourrait alimenter le débat international sur l’avenir de la Cour pénale internationale, régulièrement critiquée par plusieurs États qui dénoncent un fonctionnement sélectif et une justice perçue comme inégalement appliquée.
Au Tchad, cette prise de position américaine est susceptible de renforcer les partisans du retrait, qui défendent l’idée d’une justice nationale capable de traiter les crimes relevant de sa compétence sans intervention d’une juridiction internationale. À l’inverse, les défenseurs de la CPI continuent de considérer la Cour comme un instrument essentiel de lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves lorsque les systèmes judiciaires nationaux se révèlent défaillants.
En saluant publiquement le choix de N’Djamena et en appelant les autres États parties à quitter la CPI, les États-Unis replacent la question de la souveraineté judiciaire au cœur des rapports entre les États et les institutions internationales, dans un contexte où le rôle et la légitimité de la Cour pénale internationale demeurent plus que jamais au centre des débats diplomatiques.
MBAÏLEDE Trésor
