Un nouvel épisode de crispation diplomatique oppose la Sierra Leone et la Guinée, après l’interpellation de militaires sierra-léonais dans une zone frontalière disputée. Si les deux capitales admettent qu’un incident s’est bien produit, leurs récits divergent radicalement, chacun accusant l’autre de violation territoriale.
Selon les autorités sierra-léonaises, tout aurait commencé lundi, lorsque des soldats guinéens auraient franchi la frontière nord pour procéder à l’arrestation de membres des forces de sécurité de la Sierra Leone, parmi lesquels un officier.
D’après un communiqué du ministère de l’Information, les personnels interpellés se trouvaient à Kalieyereh, dans le district de Falaba, où ils participaient à la fabrication de briques destinées à la construction d’un poste-frontière et d’un centre d’accueil pour soutenir les opérations sécuritaires dans la région.
Freetown affirme que les militaires guinéens ont non seulement arrêté les soldats et policiers sierra-léonais présents sur place, mais également confisqué leurs armes et munitions.
La version guinéenne est tout autre. Dans un communiqué de l’état-major, Conakry assure que plusieurs dizaines de militaires sierra-léonais ont illégalement pénétré sur le territoire guinéen, dans le district de Koudaya, où ils auraient monté une tente et hissé le drapeau de leur pays sans aucune autorisation.
Face à ce qu’elle considère comme une provocation, l’armée guinéenne déclare avoir procédé à l’interpellation de seize soldats sierra-léonais, ainsi qu’à la saisie de leur matériel et de leurs équipements.
Mardi, les autorités guinéennes ont confirmé ces arrestations, réaffirmant que l’acte constituait une atteinte flagrante à la souveraineté nationale.
Les deux pays partagent une frontière de plus de 700 kilomètres, régulièrement source de frictions. Les différends territoriaux remontent à la guerre civile sierra-léonaise (1991-2002), durant laquelle la Guinée avait été sollicitée pour sécuriser les zones frontalières de son voisin. Or, certaines troupes guinéennes ne s’étaient pas totalement retirées après le conflit, alimentant depuis un climat de méfiance.
Si aucune escalade militaire n’a été signalée à ce stade, cet épisode met en lumière la fragilité des relations entre Freetown et Conakry, dans une région déjà marquée par des défis sécuritaires persistants. Les deux gouvernements assurent poursuivre les discussions, mais les récits contradictoires laissent transparaître un différend profond sur la délimitation réelle de leur frontière.
La Rédaction



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