Un nouveau tournant secoue le feuilleton politique burkinabè. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ex-président de la Transition renversé en 2022, a été arrêté puis expulsé du Togo, où il vivait en exil depuis plus de trois ans. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’opération s’inscrit dans le contexte tendu de la tentative de coup d’État présumée du 3 janvier 2026 au Burkina Faso.
D’après un proche du militaire, Damiba a été interpellé vendredi 16 janvier dans sa résidence du quartier ultra-sécurisé de « Lomé 2 ». Escorté vers la Cour d’appel, il a vu un juge accéder à la demande d’extradition formulée par les autorités burkinabè. Le lendemain, il aurait été conduit à l’aéroport de Lomé, sans annonce officielle, vers une destination encore inconnue même si plusieurs sources évoquent un retour forcé au Burkina.
Depuis son éviction par le capitaine Ibrahim Traoré en octobre 2022, Damiba était régulièrement accusé par Ouagadougou de manœuvrer pour déstabiliser la junte. La tentative de putsch du 3 janvier, présentée par le régime comme déjouée, avait ravivé ces soupçons. Son arrestation confirme la volonté de Traoré de resserrer l’étau autour des réseaux perçus comme hostiles.
Ni les autorités togolaises ni les dirigeants burkinabè n’ont, à ce stade, communiqué officiellement sur l’opération ni sur le sort réservé à l’ancien chef de la transition. Le silence nourrit les spéculations, alors que la région ouest-africaine reste secouée par une succession de crises politiques et militaires.
La Rédaction
