Alors que tout était prêt pour faire vibrer Bongor, le Festival international des arts et de la culture Massa, « Tokna Massana », change de calendrier. En toile de fond : une reconnaissance historique de l’UNESCO qui redessine les ambitions et la portée de cet événement majeur.
Le rendez-vous était attendu, les préparatifs achevés, l’effervescence palpable. Pourtant, la Commission de Supervision Générale du Festival International des Arts et de la Culture Massa a annoncé, dans un communiqué officiel daté du 18 décembre 2025, le report de Tokna Massana, initialement prévu, à la période du 7 au 11 avril 2026 à Bongor, au sud du Tchad.
À l’origine de ce report : la nouvelle dimension conférée au Guruna, désormais inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Une consécration mondiale pour ce pilier de l’identité Massa, qui impose, selon la Commission, une réorganisation stratégique du festival.
« Il s’agit d’un alignement nécessaire, responsable et porteur d’avenir », souligne le communiqué, insistant sur la volonté de hisser Tokna Massana à la hauteur de cette reconnaissance internationale. L’objectif : mieux valoriser durablement le Guruna et renforcer son rayonnement au-delà des frontières tchadiennes et camerounaises.
Si le report intervient alors que toutes les dispositions logistiques, sécuritaires, artistiques et techniques étaient finalisées, la Commission y voit une opportunité : celle d’offrir en 2026 un festival plus inclusif, plus fédérateur et encore plus rayonnant.
Tokna Massana ambitionne désormais de devenir un véritable carrefour interculturel, favorisant la transmission intergénérationnelle, le dialogue entre les peuples et la synergie entre institutions, artistes, communautés sœurs et diaspora.
La Commission n’ignore pas les désagréments causés par ce changement de calendrier. Artistes, délégations, invités officiels et partenaires avaient déjà ajusté leurs agendas, parfois engagé des dépenses ou reçu des invitations formelles.
À toutes ces parties prenantes, elle adresse ses excuses et ses remerciements, saluant leur patience, leur compréhension et leur fidélité à l’esprit de Tokna Massana. Elle promet également de maintenir un dialogue ouvert, respectueux et inclusif avec l’ensemble des acteurs concernés.
Plus qu’un simple report, l’annonce se veut un appel à l’engagement collectif. Partenaires historiques, nouveaux mécènes, communautés sœurs, jeunes, femmes, artistes, porteurs de traditions, personnes en situation de handicap et membres de la diaspora sont invités à rejoindre l’aventure.
« Tokna Massana est une maison commune. Chacun y a sa place », rappelle la Commission, affirmant la vocation profondément participative et rassembleuse du festival.
Enfin, la Commission de Supervision Générale exprime sa profonde reconnaissance aux plus hautes autorités de l’État, notamment au Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, au Premier ministre Allah Maye Halina, ainsi qu’au ministère en charge de la Culture. Elle salue également l’appui constant des partenaires techniques et financiers, et l’attachement indéfectible des communautés Massa du Tchad et du Cameroun, sans oublier les communautés sœurs et les sympathisants.
Le message est clair : Tokna Massana ne recule pas, il prend de l’élan. En avril 2026, Bongor est appelé à devenir l’épicentre d’une célébration culturelle renouvelée, portée par une reconnaissance mondiale et une ambition collective renforcée.
La culture Massa s’apprête ainsi à écrire une nouvelle page de son histoire, sous le regard du monde.
La Rédaction
