Le bras de fer entre le ministère de l’Enseignement supérieur et la présidence de l’Université de N’Djaména franchit un nouveau cap. Dans un arrêté ministériel, Dr Sitack Yombatina prononce la suspension du professeur titulaire Mahamat Saleh Daoussa Haggar, à qui il reproche notamment une insubordination notoire et de graves manquements à la déontologie administrative.
Le sommet de l’Université de N’Djaména connaît un bouleversement majeur. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina, a décidé de suspendre le président de cette institution universitaire publique, le professeur titulaire Mahamat Saleh Daoussa Haggar. La mesure, qui prend effet à compter de la date de signature de l’arrêté, intervient dans un contexte de fortes tensions entre l’autorité ministérielle et le responsable de l’université.
Dans le document officiel, le ministre fonde sa décision sur les textes régissant l’organisation de son département ainsi que le statut des universités publiques. Il fait également référence à une correspondance datée du 12 octobre 2026, adressée par le président de l’Université de N’Djaména à sa tutelle.
Selon les motifs exposés dans l’arrêté, le contenu et le ton de cette lettre auraient constitué des manquements aux règles de conduite applicables aux hauts fonctionnaires tchadiens. Le ministre évoque notamment des propos jugés excessifs, une attitude qu’il qualifie de provocatrice ainsi que des violations présumées des obligations de réserve, de loyauté et de courtoisie administrative.
Le document ministériel mentionne également des comportements assimilés à une défiance envers l’autorité de tutelle et les institutions de la République. Ces griefs constituent, aux yeux du ministre, les fondements de la mesure conservatoire prise à l’encontre du président de l’université.
À travers cet arrêté, Dr Sitack Yombatina entend ainsi faire prévaloir les exigences de discipline administrative et le respect de la hiérarchie institutionnelle dans la conduite des affaires universitaires.
Pour assurer la continuité de la gouvernance de l’Université de N’Djaména durant cette période, l’arrêté désigne le professeur Amane Tatoloum, vice-président chargé des enseignements, pour assurer l’intérim de la présidence.
Le secrétaire général du ministère et le président intérimaire sont chargés de l’exécution de cette décision, conformément aux dispositions du texte.
Cette mesure ouvre une nouvelle séquence dans la gestion de la principale institution universitaire publique du pays. Au-delà du changement temporaire à sa tête, elle soulève des enjeux relatifs aux rapports entre les autorités de tutelle et les responsables des établissements d’enseignement supérieur.
La suspension de Mahamat Saleh Daoussa Haggar remet au premier plan la question de l’équilibre entre l’autonomie de gestion des universités publiques et le respect des obligations administratives auxquelles leurs dirigeants sont soumis.
Si le ministre justifie sa décision par les manquements qu’il énumère dans son arrêté, les circonstances précises de ce différend et les éventuelles explications du président suspendu restent à éclaircir. La prise en compte de ces éléments sera essentielle pour apprécier pleinement les contours de cette affaire.
En attendant, l’Université de N’Djaména entre dans une phase transitoire, avec le professeur Amane Tatoloum chargé d’assurer la continuité des responsabilités présidentielles. Une évolution qui place la gouvernance universitaire sous le feu de l’actualité et dont les prochaines étapes seront suivies de près par la communauté académique.
À N’Djaména, cette suspension dépasse ainsi la seule question du changement de dirigeant : elle met en lumière les exigences de responsabilité, de discipline et de fonctionnement institutionnel au sein de l’enseignement supérieur public.
MBAÏLEDE Trésor
